VIDEO. «Dunkerque»: Le cours magistral de Christopher Nolan

GUERRE Le réalisateur de «Dark Knight» adopte trois points de vue différents pour montrer l'évacuation des troupes alliées en 1940...

Caroline Vié

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Kenneth Branagh dans Dunkerque de Christopher Nolan
Kenneth Branagh dans Dunkerque de Christopher Nolan — Warner Bros
  • Christopher Nolan fait revivre un grand moment de la Seconde Guerre mondiale.
  • Il signe une fresque magistrale vue des airs, de la mer et de la plage.
  • Sans effusion de sang, il démontre la violence et l'absurdité de la guerre.

Avec Dunkerque, Christopher Nolan signe peut-être son meilleur film et sans aucun doute l’un des plus fort de cette année. Avec ses caméras IMAX, il fait revivre l’évacuation des troupes alliées encerclées par les Allemands sur la plage du nord de la France. Sans effusion de sang, il montre l’absurdité et la violence de la guerre dans sa grandeur comme dans son intimité.

Des stars confirmées (Tom Hardy, Kenneth Branagh, Mark Rylance, James d’Arcy, Cillian Murphy) côtoient des jeunes prometteurs (Fionn Whitehead, Harry Styles, Barry Keoghan, Aneurin Barnard) dans cette fresque qui réussit le tour de force d’être spectaculaire tout en rendant ses très nombreux personnages attachants. Tout cela en moins de deux heures d’une projection qui laisse le public bouche bée !

Trois points de vue

« En réfléchissant à la manière de raconter cette histoire, j’ai vite pris la décision de montrer les événements à la fois depuis le rivage, le ciel et la mer », explique le réalisateur d’Interstellar et des Dark Knight. Il a choisi d’utiliser une unité de temps différente pour chaque décor (semaine, journée heure) pour mieux mettre le spectateur dans la peau de héros qui risquent tous leur vie. Ce choix de montage alternatif renforce le suspense tout en permettant de prendre fait et cause pour chacun des protagonistes.

Une semaine sur la terre

Les soldats pris en étau sur la plage tentent de survivre de leur mieux en attendant les secours. C’est là où les faits se sont déroulés que le réalisateur a choisi de reconstituer son décor. « Une fois qu’on a vu le lieu en vrai et qu’on a pris conscience de ses caractéristiques géographiques très spécifiques, il nous était impossible de tourner ailleurs », déclare Nolan qui a aussi fait appel à desfigurants locaux. Certains troufions essayent de gruger pour monter sur les bateaux avant les autres ce qui n’est pas toujours le meilleur choix car ceux-ci constituent d’excellentes cibles pour l’ennemi.

Un jour sur la mer

Pour parvenir à réussir l’opération Dynamo et à évacuer 338.226 soldats, de grands bâtiments ont été mis à profit mais aussi des centaines de petites embarcations de plaisance manœuvrées par des civils. L’une d’elle est au centre du récit démontrant le courage des Anglais dans l’adversité. « Ça nous ramenait à un cinéma que nous aimons aussi une équipe réduite à son minimum, en proie aux éléments et toujours prête à affronter les événements les plus inattendus. » Les rapports sont vite tendus sur cette coquille de noix confrontée à des dangers mortels venus du ciel et de la mer.

Une heure dans les airs

Des avions Spitfire de la Royal Air Force essayent de protéger les soldats qui se font canarder sur la plage. « On voulait tout montrer du point de vue des pilotes, tout en utilisant des caméras IMAX. C’était un énorme défi d’avoir cette gigantesque caméra dans le cockpit d’un Spitfire, mais on était déterminés à le faire », précise Christopher Nolan. Leurs interventions offrent des scènes au suspense poignant et à la beauté époustouflante. Le survol de la plage par un avion qui semble comme en apesanteur constitue l’un des nombreux morceaux de bravoure d’une œuvre puissamment belle.