«Spider-Man: Homecoming»: Pourquoi encore un reboot et un nouvel acteur?

SUPER-HEROS Trois Spider-Man différents en dix ans, c'est beaucoup, non?...

V. J.
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Tom Holland dans Captain America: Civil War des frères Russo
Tom Holland dans Captain America: Civil War des frères Russo — Walt Disney Company France

En salle mercredi, Spider-Man : Homecoming n’est pas la suite de The Amazing Spider-Man 2, sorti pourtant il y a seulement trois ans. Les plus attentifs auront remarqué que l’acteur sous le masque n’est plus le même. Tom Holland remplace Andrew Garfield et il est même déjà venu faire coucou dans Captain America : Civil War. Ce n’est bien sûr pas la première fois, ni la dernière, qu’un super-héros change d’interprète, ou qu’une franchise est rebootée, mais là, on parle tout de même de trois Spider-Man différents en 10 ans.

Un film « horrible »

Tout avait pourtant bien commencé. Avec X-Men, le Spider-Man joué par Tobey Maguire et réalisé par Sam Raimi lance la mode du film de super-héros actuel, et Spider-Man 2 est encore aujourd’hui considéré par les fans comme le meilleur d’entre tous. C’est une tout autre histoire avec Spider-Man 3, succès au box-office avec près d’un milliard de dollars de recettes mais expérience aussi douloureuse pour le spectateur (trop long, trop de méchants, trop de trop) et pour son auteur, qui parle avec le recul d’un film « horrible ».

Il est pourtant partant pour non pas une mais deux suites, avec les rumeurs de John Malkovich en Vautour (ce sera Michael Keaton dans Homecoming) ou Anne Hathaway en Blackcat (elle jouera Catwoman dans The Dark Knight Rises). Mais Sony a une date de sortie précise en tête, le 6 mai 2011, et Sam Raimi ne pense pas pouvoir respecter les délais et rendre le meilleur film possible. Il préfère partir.

Pas de temps à perdre

Dans un même communiqué, Sony annonce le départ de Sam Raimi et le reboot de la série avec le méconnu Marc Webb aux manettes. Pas de temps à perdre. Et il y a une raison à cela, le studio doit tourner un film Spider-Man, quel qu’il soit, avant 2013 s’il ne veut pas perdre les droits au profit de Marvel. The Amazing Spider-Man sort donc en 2012, avec Andrew Garfield en homme-araignée, le Lézard en méchant, une origin story un peu différente et surtout l’annonce d’un univers partagé, à l’instar de Marvel avec les Avengers. Sont ainsi annoncées deux suites, ainsi que des spin-off sur Venom et les Sinister Six. Les deux films Amazing rapporteront autour de 700 millions de dollars, pour des budgets de 230 et 250 millions. Des scores honorables, mais en deçà de la concurrence qu’il s’agisse des Avengers de Marvel ou des Superman et Batman de DC, et éclipsés par de mauvaises critiques.

Home sweet home

Fin 2014, le pirate de Sony révèle des discussions de rapprochement entre le studio et Marvel, pour que Spidey rejoigne le Marvel Cinematic Universe. Le deal est officialisé en février 2015, et si ses détails sont gardés top secret, Marvel coproduit ce nouveau nouveau reboot et Sony garde les droits et le contrôle créatif. Là encore, pas de temps à perdre. Le nouveau et jeune Spider-Man, destiné à la génération YouTube, est ajouté en urgence à Captain America : Civil War. Mais les présentations en bonnes et dues formes se feront avec Homecoming, un titre plus qu’évocateur : Spidey est de retour à la maison. A la Maison des Idées, le surnom de Marvel.