VIDEO. «I'm not Madame Bovary»: Fan Bingbing part en guerre contre l'administration

DRAME La star incarne une femme résolue à obtenir justice des autorités chinoises…

Caroline Vié
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Fan Bingbing dans I'm not Madame Bovary
Fan Bingbing dans I'm not Madame Bovary — Wild Bunch/Happiness distribution
  • Fan Bingbing, grande star chinoise, trouve son plus beau rôle.
  • Cette chronique se moque cruellement de la bureaucratie chinoise.
  • Le réalisateur a choisi un parti-pris de mise en scène original.

L’héroïne qu’incarne Fan Bingbing dans I’m not Madame Bovary de Feng Xiaogang s’est fait gruger. Son mari l’a convaincue d’accepter un faux divorce pour qu’ils puissent obtenir un second appartement. Puis il en a profité pour se remarier avec une autre.

Cette adaptation de Je ne suis pas une garce, roman de Liu Zhenyun (Gallimard) offre un rôle en or à la star chinoise qui fut cette année  membre du jury du Festival de Cannes. A 35 ans, la beauté asiatique n’est pas encore très connue à l’international mais cette chronique récompensée à San Sebastian et Toronto devrait contribuer à la faire apprécier par un plus large public.

La justice à tout prix

« La feme que je joue va passer des années à tenter d’obtenir justice auprès d’une administration méprisante, explique Fan Bingbing. Seule contre tous, elle ne se laisse pas intimider, quitte à se mettre en péril. » La paysanne va jusqu’à Pékin pour faire valoir ses droits avec un mélange de hargne et de flegme tout à fait étonnant. Plus proche de Kafka que de Flaubert (la référence à Madame Bovary n’étant présente que dans le titre international), ce film à l’humour vitriolé charge les bureaucrates incapables de comprendre les problèmes du peuple dont ils sont trop éloignés.

Limitée où qu’elle aille

« L’héroïne part aussi en guerre contre le patriarcat, une préoccupation que je peux comprendre en tant qu’actrice et productrice. Je suis ravie que ma notoriété puisse aider un cinéaste aussi talentueux que Fang Xiagang à monter son film. Son parti pris esthétique original m’a enthousiasmée », avoue la comédienne. Le réalisateur filme l’action dans un cadre rond quand la femme est à la campagne et dans un cadre carré quand elle part pour la ville. « Elle est tout le temps limitée, souligne la comédienne, même quand elle change de point de vue ! »

Une femme forte

La sublime Fan Bingbing n’a absolument rien à voir avec son héroïne coincée dans une vie étriquée. Egérie d’une grande marque de cosmétiques, elle n’aurait rien contre l’idée de tourner à Hollywood après son apparition dansX-men : Days of Future past (2014). « Je rêve de travailler avec Steven Spielberg et avec Pedro Almodóvar », avoue-t-elle. Sa rencontre avec le président du jury cannois lui permettra peut-être d’exaucer ce deuxième souhait. Son talent et son charisme sont à la hauteur de ses ambitions.