«It comes at night»: A petit budget, un huis clos aux effets bien terrifiants

HORREUR Joel Edgerton enferme deux familles dans « It comes at night », un huis clos anxiogène dans une maison isolée…

Caroline Vié

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It comes at night de Trey Edwards Shults
It comes at night de Trey Edwards Shults — Mars Films

Le temps est à l’horreur du côté des cinémas. Après Get outde Jordan Peele et The Jane Doe Identity d’André Øvredal, It comes at night de Trey Edwards Shults fait passer des frissons dans le dos des spectateurs en faisant peser une menace diffuse sur une famille contrainte de vivre recluse dans une maison isolée.

Joel Edgerton, inquiétant, tente de protéger les siens, mais se laisse attendrir par un jeune couple et leur gamin qu’il laisse partager leur abri. « Tout se passe bien tant qu’ils ont des intérêts communs mais les choses dégénèrent quand chacun doit protéger les siens », explique le réalisateur de Krisha (2015) à 20 Minutes.

Une terreur psychologique

Entre les effets gore et la terreur psychologique, Trey Edwards Shults a clairement choisi son camp. « Ce n’est pas seulement un choix économique, précise-t-il. Je suis persuadé que rien n’est plus effrayant que le comportement humain. » L’angoisse naît d’autant plus rapidement que le cinéaste n’explicite pas le danger qui entoure la maison. Et la situation reste suffisamment floue pour laisser travailler l’imagination du spectateur. Ce n’est qu’après une séquence traumatisante avec un chien qu’on prend conscience de l’ampleur du désastre.

L’enfer, c’est les autres

Les protagonistes claquemurés dans une vieille demeure doivent cohabiter tout en entretenant une méfiance réciproque qui va crescendo quand le monde extérieur les rattrape de façon impromptue. « Tout le monde peut comprendre le point de vue de chacun des personnages, précise Trey Edwards Shults. Ce ne sont pas de mauvaises gens, mais des êtres prêts à tout pour sauver ceux qu’ils aiment. » Le processus d’identification fonctionne à fond pour le public qui prend fait et cause pour un ado attachant incarné par Kelvin Harrison Jr.

Joel Edgerton et Kevi Harrison Jr. dans It comes at nigt de Trey Edwards Shultz
Joel Edgerton et Kevi Harrison Jr. dans It comes at nigt de Trey Edwards Shultz - Mars Films

Pas de sous mais des idées

C’est avec un budget réduit que le cinéaste a réalisé It comes at night. « Dans un sens, cela m’a aidé car je n’avais de compte à rendre à personne. Cela m’a permis de jouer à fond la carte du film d’atmosphère en me concentrant sur un décor unique et le travail avec les acteurs. » Chaque recoin devient effrayant, chaque bouchée est un enjeu et chaque malaise fait craindre le pire dans ce thriller paranoïaque qui invite à se méfier de tout et de tous…