Festival d’Annecy: A quoi reconnaît-on un film d'animation français ?

ANIMATION Laurent Valière, auteur du livre «Cinéma d'animation: La French touch» analyse, pour «20Minutes», les spécificités des films français sélectionnés au festival d'Annecy...

De notre envoyée spéciale à Annecy, Caroline Vié
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Laurent Valière et son livre
Laurent Valière et son livre — C.Vié

Auteur d’un superbe livre Cinéma d’animation : La French touch (La Martinière, 39,90 €), Laurent Valière se penche sur 125 années d’animation française tout en détaillant le « je-ne-sais-quoi » qui fait l’originalité de nos productions.

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Membre du jury au Festival d’Annecy, ce journaliste du service Culture de France Info définit la fameuse « french touch » du cinéma d’animation, à travers les caractéristiques des films sélectionnés cette année à Annecy.

Des films sous multiples influences

L’animation française puise dans sa propre culture cinématographique, mais aussi dans celle des Etats-Unis et du Japon, principalement, pour créer des œuvres qui, malgré tout, lui est propre.

« Les artistes français ont grandi entre l’anime japonais et le cinéma américain, confirme Laurent Valière. On peut reconnaître ces influences dans des films commeZombillénium dont le créateur, Arthur de Pins, a s’est inspiré à la fois inspiré du Japon pour le look de son héros et de la saga Twilight pour un méchant vampire. »

La BD et la TV comme terrain d’entraînement

Comme Zombillénium, Le grand méchant renard et autres contes de Benjamin Renner etDrôles de petites bêtes d’Antoon Krings ont d’abord été des succès en albums.

« C’est un phénomène assez français, précise Laurent Valière. Les auteurs se font la main sur des BD avant de se lancer dans le long-métrage après, parfois, un passage par la série télévisée, comme pour Les as de la jungle, production toulousaine signée par David Alaux également montrée à Annecy. »

La « simplicité » du trait

Les dessins donnent le plus souvent une grande apparence de simplicité, même s’ils sont merveilleusement poétiques et expressifs.

« C’est peut-être l’influence de la bande dessinée mais les animateurs français ont un goût pour les lignes claires. Benjamin Renner fait comprendre les expressions de ses personnages en quelques coups de crayons. La 2D lui convient pour faire passer toutes les émotions dont regorgent ses histoires. »

On n’hésite pas à faire grève…

Les héros de films français n’hésitent pas à s’engager, à faire grève, à manifester. Les Minions de Moi moche et méchant 3 créés par les français Pierre Coffin et Eric Guillon adorent ça. Les morts-vivants de Zombillénium aussi.

« C’est la véritable exception française qui fait hurler de rire les étrangers ! Les Américains, notamment, trouvent que cela donne une saveur très frenchie à nos films car ils estiment que les manifestations et les grèves correspondent à notre mode de vie. Pour eux, il n’y a que des Français pour avoir l’idée de mettre ça dans un film ! »