«HHhH»: Comment Jason Clarke s'est glissé dans la peau d'un monstre nazi

GUERRE La performance terrifiante du comédien fait comprendre la détermination de deux jeunes soldats pour éliminer cet homme cruel…

Caroline Vié

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Jason Clarke dans HHhH de Cédric Jiminez
Jason Clarke dans HHhH de Cédric Jiminez — Mars films

Si Alfred Hitchcock estimait que la réussite d’un film dépend de la qualité de son méchant, Cédric Jimenez et Jason Clarke adoptent le même point de vue pour HHhH (abréviation, en allemand, de « le cerveau d’Hitler s’appelle Heydrich »). Le cinéaste et l’acteur ont particulièrement soigné l’incarnation de Reinhard Heydrich (1904-1942) officier nazi sans pitié surnommé le Boucher de Prague ou la « Bête blonde ».

La première partie de cet excellent film de guerre montre l’avènement de ce monstre de cruauté tandis que la seconde insiste sur la mission de jeunes résistants tchèques prêts à se sacrifier pour l’abattre. « Leur détermination n’a de sens que si le spectateur comprend à quel point Heydrich est dangereux », explique Cédric Jimenez qui adapte ici un roman de Laurent Binet.

Une vie presque normale

Le réalisateur de La French (2014) a souhaité sortir des clichés pour offrir un personnage aux multiples facettes. « Je voulais le montrer dans toutes les circonstances de sa vie car un type comme lui n’est pas tout d’une pièce, comme le méchant d’un film de super-héros, précise Jimenez. Il a une vie de famille, par exemple, où il se conduit comme un être normal, ce qui rend son inhumanité encore plus insupportable. » L’homme pouvait être capable de tendresse envers les siens et d’une férocité sans borne contre les autres, surtout lorsqu’ils les considéraient comme inférieurs.

Un personnage aux deux visages

Jason Clarke (Everest) a parfaitement saisi la dualité de l’homme qu’il devait incarner. Il faut le voir passer progressivement d’un rôle de militaire chassé en raison d’une affaire de mœurs à celui de bourreau d’un régime prenant un plaisir évident à massacrer ses victimes. « Jason a beaucoup travaillé pour trouver les attitudes de cet être avide de pouvoir, gagnant progressivement en confiance et en arrogance. Il n’a pas craint d’embrasser le côté sombre du personnage », admire le réalisateur.

L’inné et l’acquis

Les frissons dans le dos que fait passer chacune de ses apparitions sont l’une des réussites de ce film haletant.