Valérie Lemercier: «Je suis un peu tout le monde dans "Marie-Francine"»

INTERVIEW L’actrice-réalisatrice séduit dans une fantaisie autour de quinquagénaires redécouvrant l’amour…

Caroline Vié

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Valérie Lemercier dans son film Marie-Francine
Valérie Lemercier dans son film Marie-Francine — Jean-Marie Leroy/Gaumont

Valérie Lemercier signe un bien joli film avec Marie-Francine, où on la voit contrainte de retourner chez ses parents après avoir perdu son emploi et son mari ( Denis Podalydès). Sur un point de départ proche de Retour chez ma mère (Eric Lavaine, 2016), l’actrice brode une délicieuse fantaisie très différente autour de la reconstruction d’une femme blessée. On tombe sous le charme de son héroïne comme sous celui de son nouvel amoureux incarné par un Patrick Timsit inattendu en cuisinier séducteur. 20 Minutes a recontré l’actrice et réalisatrice.

D’où vient le scénario de « Marie-Francine » ?

Valérie Lemercier : De l’histoire d’un ami qui, lorsqu’il avait 16 ans, n’a pas pu conclure avec une fille parce qu’ils n’avaient nulle part où aller. J’ai trouvé amusant de transposer cette situation sur des quinquagénaires de milieux différents qui se retrouvent contraints de revenir chez leurs parents.

Considérez-vous votre film comme une comédie romantique ?

C’est une histoire d’amour à laquelle j’ai mis des bâtons dans les roues et qui parvient à se dérouler malgré cela. Mes héros sont parvenus à un âge charnière où ils peinent à se situer entre leurs parents et leurs enfants. Il n’y a pas que les mannequins qui tombent amoureux.

Êtes-vous Marie-Francine ?

Je suis un peu tout le monde dans mon film ! La nuit, je ne rêve pas de mise en scène et de travelling mais de personnages crédibles. Je travaille beaucoup sur l’écriture et conçois les rôles pour les acteurs. J’adore les peaufiner pour les mettre en valeur car je ressens une grande passion pour les comédiens.

Il n’y a vraiment pas de personnage qui vous ressemble ?

Si ! La mère de Marie-Francine ! Contrairement à elle, je ne fais pas de frasques avec mon charcutier. Mais, comme elle, j’achète plein de conneries sur Internet : des mouches antimites qu’il faut faire éclore, des petits paniers qui font finalement 1,50 mètre à la livraison. Les colis me font une surprise quand je rentre de tournage ou de tournée.

Comment vous est venue l’idée de faire appel à Patrick Timsit ?

Je l’avais rencontré il y a vingt ans à Bruxelles. Il était venu me saluer dans un restaurant alors que je ne le connaissais pas et j’avais été marquée par sa classe, sa douceur et sa discrétion. C’est ce qui m’est revenu quand j’ai décidé de lui confier le rôle du prétendant de Marie-Francine. En cinq minutes, il m’avait marquée.

Pourquoi plait-il tant à votre héroïne ?

A 50 ans, on n’a pas les mêmes envies qu’à 30 ! Elle sait ce qu’est la vie à deux car elle a déjà donné. Elle veut quelqu’un de plus rond, de plus drôle, de plus gentil. Pour moi, ce dernier mot n’a rien de péjoratif : les gens intelligents sont naturellement gentils.

Que signifie le "bol" de l’affiche ?

Le film s’est longtemps appelé « Le bol de Marie-Francine », un jeu de mots sur la chance et l’expression « avoir du bol » et sur le bol de son enfance dans lequel mon héroïne va de nouveau boire. C’est aussi l’accessoire qui va réunir les deux amants. J’avais fait fabriquer des bols pour tous les personnages.