Robin Campillo: «Ce Grand Prix, je ne m'y attendais pas du tout»

PALMARES La réaction de Robin Campillo à chaud, quelques minutes après avoir reçu le Grand Prix du jury pour «120 Battements par minutes»... 

Stéphane Leblanc

— 

Robin Campillo, Grand Prix du jury pour 120 Battements par minutes, le 28 mai 2017 à Cannes
Robin Campillo, Grand Prix du jury pour 120 Battements par minutes, le 28 mai 2017 à Cannes — NIVIERE/VILLARD/SIPA

La Palme d’or, il n’y pensait pas. Recevoir le Grand Prix non plus, d’ailleurs. « Sur scène, c’était impressionnant, je m’y attendais pas du tout. J’aurais bien aimé que les autres, les acteurs, les producteurs et les distributeurs soient avec moi. Parce que le cinéma tel que je le conçois, c’est d’abord du collectif… »

>> A lire aussi : A Cannes, Robin Campillo trouve le tempo juste pour filmer les années sida

Formidablement accueilli sur la Croisette par l’ensemble des festivaliers, la critique et ses amis, à commencer par le réalisateur Laurent Cantet qui a avoué à 20Minutes avoir « vu le film quatre fois et pleuré à chaque fois », Robin Campillo a le triomphe modeste et partageur.

Surtout, il revendique à l’écran son côté militant. « Je ne sais pas si les gens d’Act-Up étaient des héros, mais je reste quand même très admiratif de ceux que j’ai côtoyés à cette époque. Et pour traduire ça, j’avais besoin d’être avec des gens qui n’ont pas connu ça, qui ne savent même pas forcément de quoi je voulais parler. »

Sortir du cercle franco-français

C’est ainsi qu’il a choisi, pour le rôle principal, Nahuel Perez Biscayart, un jeune acteur né au Chili qui ne connaissait pas Act-Up. « Pourtant, c’est extraordinaire comme il arrive à traduire physiquement ce que ressentaient les militants malades à ce moment-là… Dans Eastern Boys, mon précédent film, j’ai tourné avec des acteurs d’Europe de l’Est… C’est un choix résolument politique, car j’ai besoin de sortir du cercle strictement franco-français du milieu du cinéma. »