Festival de Cannes: Les favoris pour la palme d'or et les prix d'interprétation sont...

PRONOSTICS Quels sont les films qui ont le plus de chance de se retrouver au palmarès du 70e Festival de Cannes? Et pour quel prix?...

De notre envoyé spécial à Cannes, Stéphane Leblanc

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120 Battements par Minute de Robin Campillo.
120 Battements par Minute de Robin Campillo. — Céline Nieszawer

Depuis ce dimanche matin 9h, le jury de Pedro Almodóvar s’est retranché au calme dans les hauteurs de Cannes, et nous avons imaginé ce que pourrait être son palmarès, en fonction de son souhait exprimé en conférence de presse au début du Festival, à savoir récompenser « des œuvres aussi puissantes qu’Apocalypse Now, La Dolce Vita et Viridiana ».

Le Festival 2017 n’avait peut-être pas des films d’une puissance comparable en rayon, mais quand même quelques perles qui pourraient faire l’affaire. Les voici :

« 120 Battements par minute », favori pour la Palme d’or

Sur le combat d’Act-Up Paris en 1990 alors que l’épidémie de sida faisait rage, voici un film fort, juste et touchant sans être jamais larmoyant, ambitieux dans sa reconstitution et courageux dans ce qu’il raconte d’une homophobie qui résonne encore aujourd’hui. On y retrouve aussi l’énergie d’Entre les murs, Palme d’or 2008 de Laurent Cantet dont Robin Campillo est le scénariste et le monteur.

Outsiders pour la Palme d’or : Faute d’Amour d’Andrey Zvyagintsev, sur la disparition d’un enfant dans la Russie d’aujourd’hui, le film préféré de 20 Minutes, pour la rigueur implacable de sa mise en scène et de son récit. Vers la lumière de Naomi Kawase, peut aussi l’emporter car c’est le seul film résolument optimiste de cette sélection. On y voit la naissance d’un sentiment entre une rédactrice de textes en audiodescription, jeune et un peu naïve, et un grand photographe qui perd la vue. Par ailleurs, certains disent avoir vu Pedro Almodóvar applaudir à tout rompre à la fin du drame familial Mise à mort d’un cerf sacré, de Yorgos Lanthimos.

Mais si le jury se montre d’humeur taquine, il récompensera plutôt Le Jour d’après de Hong Sangsoo, un marivaudage léger, rythmé et malin, qui s’apprécie aussi facilement qu’on descend un verre de soju, l’alcool en vogue en Corée.


Diane Kruger, favorite au prix d’interprétation féminine

Diane Kruger dans In the fade de Fatih Akin
Diane Kruger dans In the fade de Fatih Akin - Pathé distribution

 

L’actrice allemande déploie un jeu tout en finesse pour se rendre crédible en mère courage confrontée à des choix impossibles après l’attentat raciste qui a décimé sa famille, dans In The Fade de Fatih Akin. Outsiders pour le prix : Nicole Kidman, autre mère de famille confrontée à un dilemme terrible dans Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos. Ou Vasilina Makovtseva dans Une femme douce de l’Ukrainien Sergei Loznitsa, en jeune épouse en quête de son détenu de mari et qui subit 2h23 de violence et d’humiliation dans une Russie fantasmée.

Joaquin Phoenix, favori au prix d’interprétation masculine

Joaquin Phoenix dans You were never really here de Lynne Ramsay
Joaquin Phoenix dans You were never really here de Lynne Ramsay - SND

 

C’est peu dire que l’acteur américain dépote en tueur impulsif et obstiné, méconnaissable avec sa barbe et son embonpoint, dans You Were Never Really Here de Lynne Ramsay. Ses concurrents directs : Vincent Lindon, tout aussi barbu dans Rodin de Jacques Doillon, et Robert Pattinson, à peine mieux rasé dans Good Time des frères Safdie.