Festival de Cannes: Diane Kruger, victime d'un attentat dans «In the Fade»

COMPETITION Le terrorisme fait irruption sur les écrans du Festival de Cannes dans « In the Fade » de Fatih Akin, où Diane Kruger joue l’épouse et la mère des victimes d’un attentat… Un rôle qui pourrait lui valoir le prix d’interprétation…

Stéphane Leblanc

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Fatih Akin et Diane Kruger le 26 mai 2017 à Cannes
Fatih Akin et Diane Kruger le 26 mai 2017 à Cannes — VILLARD/NIVIERE/SIPA

Quelques jours à peine après l’attentat de Manchester, difficile de ne pas faire un parallèle avec l’actualité après avoir vu In the Fade. Le nouveau film de l’Allemand Fatih Akin, projeté ce vendredi en compétition au Festival de Cannes, suit le destin bouleversé d’une femme qui perd son mari et son fils dans un attentat.

« Je me sens terriblement concernée, comme nous tous, par ces horreurs devenues quotidiennes », confie en conférence de presse l’actrice Diane Kruger, qui joue le rôle principal du film. Dans le cas présent, le réalisateur allemand d’origine turque Fatih Akin a puisé son inspiration dans la vague d’attentats qui a endeuillé l’Allemagne au début des années 2000. Attribuées à l’origine à la communauté turque, on a découvert plus tard que ces attaques impliquaient en réalité un groupuscule néonazi.

Vers un prix d’interprétation ?

Le film a été très tièdement accueilli vendredi matin en séance de presse.

« S’il s’agissait d’un attentat islamiste, comme ceux que l’on connaît aujourd’hui, la réaction de la femme qui vient de perdre sa famille serait probablement la même », explique Fatih Akin pour se défendre de ne pas avoir réactualisé son propos. Quant aux choix de son héroïne dans le film, « il n’y a pas à justifier ce qu’elle va faire ou pas, elle suit son intuition. »

« Je ne sais pas comment j’aurais réagi à sa place, renchérit l’actrice. Je n’ai pas perdu de mari ni d’enfant dans un acte de terrorisme, mais ce que je peux vous dire, c’est que l’expérience de ce film était si intense qu’il a failli me tuer. » Cela se voit et se conçoit à l’écran. Et même si le film accuse quelques simplicités d’écriture et quelques faiblesses de style, on ne serait pas étonné que la performance de Diane Kruger, tout en force et rage contenue, soit récompensée dimanche d’un prix d’interprétation mérité.