Le Festival de Cannes bon pied, bon œil : Je me lève ce mercredi et je me prends pour Rodin

HUITIEME JOUR Les films de Cannes, on peut les attendre avec impatience ou avec l’assurance d’être déçu. Et si ça dépendait tout simplement de quel pied on s’est levé ?

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

— 

Kirsten Dunst et Colin Farrell dans Les proies de Sofia Coppola
Kirsten Dunst et Colin Farrell dans Les proies de Sofia Coppola — Universal Pictures France

Ce mercredi 24 mai, je me lève du pied droit. J’oublierai les horreurs du monde en me réfugiant au cinéma.

Rodin de  Jacques Doillon sera d’une telle beauté que je me laisserai submerger ! De quoi oublier la violence des autres films et se resourcer. La force du sculpteur alliée à celle de l’interprétation de Vincent Lindon transportera les festivaliers dans un monde où seul l’art et l’amour ont droit de cité. Quel bonheur d’être ainsi emporté.

Dans Les Proies de Sofia Coppola, un soldat blessé ( Colin Farrell) sera recueilli dans un pensionnat de jeunes filles où il deviendra vite un objet de convoitise pour Nicole Kidman, Kirsten Dunst et Elle Fanning. Pour une fois que c’est un homme qui va tomber sous la coupe de femmes, les spectatrices seront charmées.

Je me lève du pied gauche et tout le poids d’une actualité démoralisante pèsera sur mes épaules avant même le début des projections…

Vincent Lindon en Rodin fera tout son possible pour essayer de décrocher un deuxième prix d’interprétation après La loi du marché (2015) de Stéphane Brizé. Izia Higelin, qui joue Camille Claudel, semblera bien fade face à cet ouragan déchaîné, résolu à tout écraser sur son passage.

Pourquoi Sofia Coppola s’est-elle mis en tête de livrer un remake d’un grand film de 1971. Les Proies de Don Siegel, revu et corrigé par cette cinéaste bobo, fera l’effet d’un grincement de craie sur un tableau noir. Colin Farrell à la place de Clint Eastwood en soldat séquestré par les pensionnaires d’une école de filles sera grotesque. Remboursez nos invitations !