«Rodin»: La vision de Jacques Doillon vue et approuvée par une spécialiste du sculpteur

Vu et approuvé La directrice du fonds historique du musée Rodin a été la caution historique du film de Jacques Doillon…

Caroline Vié

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Vincent Lindon dans Rodin de Jacques Doillon
Vincent Lindon dans Rodin de Jacques Doillon — Shanna Besson/Les films du lendemain/Wild Bunch

Véronique Mattiussi ne plaisante pas quand il s’agit de Rodin. La directrice du fonds historique du musée Rodin soutient à fond les ballons le film de Jacques Doillon avec Vincent Lindon dans le rôle-titre. L’historienne a travaillé main dans la main avec toute l’équipe qu’elle a éclairée de son érudition.

La vérité de l’artiste

« La force d’un musée monographique comme le nôtre est de rassembler une source inestimable d’information souvent insoupçonnée », précise-t-elle. Le réalisateur a pu s’y abreuver pour son Rodin car les portes lui ont été ouvertes en grands. Véronique Mattiussi a été conquise par l’approche de Doillon, dès la première mouture du scénario. « Sa finesse d’analyse, associée à ses exigences artistiques, lui a permis d’approcher au plus près la vérité de l’homme. »

La photo comme inspiration

Jacques Doillon a notamment pu puiser dans la réserve de photographies du musée avant de constituer son casting et d’élaborer sa reconstitution. « Costumiers, décorateurs et régisseurs étudièrent à la loupe chacune de ces sources et aucun détail ne fut négligé », insiste Véronique Mattiussi. L’atelier du statuaire est reproduit à l’identique de la réalité tandis que Doillon s’est servi d’images d’époque pour pouvoir respecter la chronologie des Portes de l’enfer, œuvre maîtresse de Rodin.

La métamorphose de Vincent Lindon

Véronique Mattiussi a aussi apprécié l’implication de Vincent Lindon. Des réserves de sa maison de Meudon au musée parisien les jours de fermeture, l’acteur a pris le temps de s’imprégner de l’œuvre de Rodin. « Il a fait en sorte que le miracle opère et que se mêle à la ressemblance physique la psychologie de l’homme », reconnaît-elle. Si même une aussi grande spécialiste est bluffée, on ne peut que s’incliner devant ce grand film, bel hommage à un artiste de génie dont on célèbre cette année le centenaire de la disparition.