Festival de Cannes: Aure Atika, une héroïne si discrète

RENCONTRE L’actrice joue un personnage secondaire, mais un rôle important, dans « En attendant les hirondelles », un beau film algérien présenté dans la section Un certain regard…

De notre envoyé spécial à Cannes, Stéphane Leblanc
— 
Aure Atika à Cannes le 22 mai 2017
Aure Atika à Cannes le 22 mai 2017 — S.LEBLANC / 20MINUTES

Aure Atika est au Festival de Cannes en toute discrétion, « si tant est qu’on puisse rester discrète à Cannes », rigole-t-elle. Elle est à l’affiche d’En attendant les hirondelles, premier film du réalisateur algérien Karim Moussaoui.

C’est un « beau film sur l’empêchement », comme elle le qualifie. Aure Atika ne joue qu’un personnage secondaire, « mais un rôle important », celui d’une femme qui a du mal à trouver sa place auprès de son mari, et plus généralement dans l’Algérie d’aujourd’hui.

Partir à l’aventure

Comment la star ultra-populaire de La Vérité si je mens ou d’OSS117 s’est-elle retrouvée sur ce film présenté sans tambours ni trompettes dans la section Un certain regard ? « Karim Moussaoui, le réalisateur, m’a contacté avec son scénario qui m’a plu et son moyen-métrage m’a convaincu qu’il avait la patte d’un grand metteur en scène. J’ai eu envie de participer à son projet. »

Comme autrefois avec Abdellatif Kéchiche (La Faute à Voltaire en 2000) ou Lisa Azuelos (Comme t’y es belle en 2006). « Je n’ai pas peur de m’engager sur des premiers films, au contraire, j’aime partir à l’aventure avec des réalisateurs. »

Vie publique/vie privée

Dernièrement, Aure Atika est partie seule en quête d’elle-même. En février, elle se dévoilait par les mots dans un roman tiré d’une histoire personnelle avec sa mère, Mon ciel et ma terre (Fayard). Une expérience différente de tout ce qu’elle connaissait au cinéma. « Quand on tourne avec Kéchiche, on a la carte. Quand on écrit un livre, on gagne des points : les gens sont admiratifs… »

Pour autant, la sortie du livre n’a pas été qu’un moment de plaisir. « On m’a demandé de parler de moi, de ma mère, c’est normal, c’était le sujet du livre, mais quand même, j’étais un peu choquée… Moi qui ne parle jamais de ma vie privée, j’ai mis un peu de temps à comprendre qu’il fallait que j’accepte d’ouvrir ma porte. On ne peut plus se protéger derrière un personnage comme au cinéma. » Ou comme à Cannes, même s’il n’y a pas vraiment d’endroit où se cacher.