Le Festival de Cannes bon pied, bon oeil: Je me lève sur la Croisette en espérant une fin heureuse

SIXIEME JOUR Les films de Cannes, on peut les attendre avec impatience ou avec l’assurance d’être déçu. Et si ça dépendait tout simplement de quel pied on s’est levé ?

De notre envoyé spécial à Cannes, Stéphane Leblanc

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Mise à Mort du Cerf Sacré de Yorgos Lanthimos.
Mise à Mort du Cerf Sacré de Yorgos Lanthimos. — ELEMENT PICTURES/HAUT ET COURT

Le réveil sonne et j’imagine ma journée au Festival de Cannes…

Il est 7h ce lundi, je me lève du pied droit, le soleil frappe à la fenêtre.

Je sortirai de bonne humeur et m’en irai sur la Croisette le cœur léger. Autant dire je regarderai le nouveau film du prodige grec Yorgos Lanthimos d’un œil attendri, en espérant que la Mise à mort du cerf sacré ne soit pas trop cruelle.

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Plus tard, je me délecterai de l’humour cocasse qui jaillit du Jour d’après de Hong Sang-soo. Le cinéaste coréen revient à Cannes en compétition et en grande forme après avoir quitté sa femme et assumé publiquement sa liaison avec son actrice Kim Minhee.

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Je finirai la journée ravi de découvrir que Michael Haneke rompt avec ses cruelles habitudes en proposant à son drame bourgeois une Happy End, pour une fois.

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Il est 7h ce lundi, je me lève du pied gauche et il pleut.

Je sortirai la mine peu rassurée. Je le vois d’ici, le nouveau film de Yorgos Lanthimos et je n’imagine pas comment, avec un titre pareil, Mise à mort du cerf sacré pourra éviter le bain de sang.

Je raterai la séance unique du Jour d’après, calée entre une projection qui aura pris du retard et celle-ci qui débutera pile-poil à l’heure… la poisse !

Je terminerai la journée bien déprimé, car la Happy End promise par Michael Haneke dans le titre de son nouveau film sera en réalité un leurre : son drame bourgeois finira mal, comme d’hab.