Ruben Östlund a écrit «The Square» pour qu'il participe au Festival de Cannes

COMPETITION « The Square » sera-t-il le « Toni Erdmann » de 2017 ? Son réalisateur pratique l’humour à froid aussi bien que le cinéma.

Caroline Vié

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Elisabeth Moss dans The Square de Ruben Östlund
Elisabeth Moss dans The Square de Ruben Östlund — Bac Film

Si vous aimez le cinéma de Ruben Östlund, vous avez déjà un point commun avec lui. Le réalisateur du réjouissant The Square, projeté en compétition, aime à pratiquer l’humour à froid et admet pouvoir être aussi sûr de lui que le personnage de directeur de musée ambitieux de cette comédie grinçante.

Vive la compétition

« Je n’ai rien contre la compétition en art car cela me tire vers le haut en me donnant envie de gagner », déclare-il à 20 Minutes. S’il a choisi le milieu de l’art pour y situer l’action de son film, il reconnaît volontiers qu’il aurait pu s’agir de celui du cinéma. « Dans l’un comme dans l’autre, c’est souvent de l’entre-soi où des gens prétentieux côtoient des artistes au talent incertain. » Le cinéaste suédois a carrément écrit son film en espérant être sélectionné par Thierry Frémaux et son équipe. Selon lui : « Un film pour Cannes doit être à la fois intelligent, brillamment réalisé et aborder des sujets importants. » Une description parfaite de The Square.

Le nouveau « Toni Erdmann » ?

La comparaison de ce film avec Toni Erdmann, révélation de l’an passé, lui plaît. « Les deux sont des comédies absurdes et centrées sur des problématiques d’aujourd’hui. J’ai beaucoup aimé le film de Maren Ade. » De là à se voir juré l’an prochain comme l’est aujourd’hui la cinéaste allemande, il n’y a qu’un pas. « J’adorerais ça et je saurais me montrer respectueux avec les autres si j’étais choisi. » Quant à la Palme d’or, il en rêve, bien sûr, mais il craint que « ce soit intimidant » et que cela bloque son inspiration. Voilà qui serait vraiment dommage car The Square est aussi drôle, pince-sans-rire et farfelu que son auteur !