«Mais Gérard, pourquoi es-tu si méchant?» Quand Binoche se confiait sur sa fâcherie avec Depardieu

INTERVIEW L’actrice et Gérard Depardieu sont à l'affiche du nouveau film de Claire Denis «Un beau soleil intérieur». Elle avait accepté de revenir pour « 20 Minutes » sur sa fâcherie avec le comédien lors du dernier Festival de Cannes…

Anne Demoulin
— 
Juliette Binoche dans «Un beau soleil intérieur» de Claire Denis.
Juliette Binoche dans «Un beau soleil intérieur» de Claire Denis. — Ad Vitam

Deux icônes du cinéma français, enfin réunies. Lors du dernier Festival de Cannes, le film de Claire Denis, Un beau soleil intérieur, qui sort ce mercredi en salles, était très attendu. Pour la première fois, Gérard Depardieu donne la réplique à Juliette Binoche.

Les deux stars n’avaient jamais joué ensemble, notamment parce qu’il y a quelques années, Gérard Depardieu avait déclaré dans une interview accordée à la presse autrichienne en 2010 qu'« il aimerait bien savoir pourquoi on l’estime depuis toutes ces années, elle n’est rien ». Juliette Binoche s’était quant à elle étonnée dans la presse britannique de la « violence » de ses propos. A Cannes, Juliette Binoche avait confié à 20 Minutes comme elle s’était finalement réconciliée avec Gérard Depardieu. A l’occasion de la sortie en salles ce mercredi, 20 Minutes vous propose de relire cette interview.

C’est sur la terrasse ensoleillée du Club By Albane sur La Croisette à Cannes que 20 Minutes a rencontré la rayonnante Juliette Binoche, qui irradie chaque plan d’Un beau soleil intérieur. Dans ce film de Claire Denis, coécrit avec Christine Angot, qui fait l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, l’actrice campe Isabelle, une quinquagénaire divorcée et maman d’une petite fille, qui désespère de rencontrer l’amour vrai. Une quête où Isabelle multiplie les rencontres (Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Philippe Katerine) qui finit en apothéose avec la première confrontation à l’écran entre Gérard Depardieu et l’actrice.

Comment s’est déroulé le tournage avec Gérard Depardieu ?

La scène a été tournée en un jour avec le bonheur de jouer avec lui pour la première fois. J’étais touchée parce que je l’avais vu sur le tournage de Danton. J’avais 18 ans, et j’étais encore au lycée. Je l’avais observé et j’étais très impressionnée par lui. Il était venu vers moi plusieurs fois. Il était absolument délicieux et généreux. Il m’avait donné des conseils en tant que jeune actrice.

Il s’est attaqué à vous dans la presse, il y a quelques années…

Il s’est énervé contre moi il y a quelques années. On s’est raccordé parce que je l’ai croisé, par hasard, dans un marché. Je suis allée vers lui en lui disant : « Mais Gérard, qu’est-ce que je t’ai fait ? Pourquoi es-tu si méchant ? » Il a répondu : « Je raconte n’importe quoi. Il ne faut pas faire attention. » Tout ça fait que ça fait comme une histoire.

Quel regard portez-vous sur lui aujourd’hui ?

Je vois que c’est quelqu’un qui souffre beaucoup. Il est fin, malgré sa corporalité. Il n’a pas peur de son féminin et il est généreux. J’ai appris plein d’histoires qu’il ne raconte pas forcément où il fait preuve de beaucoup de générosité. C’est touchant.

Et cette première collaboration avec Claire Denis ?

Je crois que c’était le bon moment pour se rencontrer ! Claire exprime tout ce qu’elle ressent. Cela m’a aidé en tant qu’actrice, cela m’a permis de voir ce qu’elle attendait et dans quel état d’esprit elle était. Juste une fois, elle a réagi assez durement. Elle ne supporte pas toute pensée ou intention négative parce qu’elle est très poreuse. Elle fait tout ce qu’elle peut pour que le film se passe le mieux possible, et quand j’ai vu et compris ça, je me suis dit qu’il me fallait être le vent dans ses voiles.

Ce Festival de Cannes se déroule-t-il mieux que dans la série « Dix pour cent » ?

Je vais faire attention de ne pas avoir envie de faire pipi avant de passer sur scène ! (Rires) Blague mise à part, on a souvent envie de faire pipi parce que c’est un moment de peur. Je ne passerai pas cette année sur la scène du Palais des Festivals à Cannes, je passe à la Quinzaine des réalisateurs, donc la question ne se pose même pas !