Festival de Cannes: Les Français ont-ils une chance de décrocher la Palme?

BOOKMAKERS Qui l’aura ? Qui ne l’aura pas ? La Palme d’or et les autres prix font plus que jamais de l'œil aux artistes français...

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

— 

Vincent Lindon dans Rodin de Jacques Doillon
Vincent Lindon dans Rodin de Jacques Doillon — Shanna Besson / Les Films du Lendemain/Wild Bunch

La sélection française met l’eau à la bouche mais quelles sont les chances réelles des films français de connaître les honneurs du palmarès et - qui sait ?- de remporter la belle Palme d’or incrustée de diamants par Chopard pour le 70e Festival de Cannes ?

Palme ou pas Palme ?

La Palme d’or serait du plus bel effet sur la cheminée de la maison normande de Jacques Doillon. A 73 ans, le réalisateur de La Pirate n’a jamais été récompensé à Cannes et son Rodin a tout pour lui ! Un sujet « bien de chez nous » et un Vincent Lindon habité, qui devraient tous deux marquer des points. Sauf si Michael Hazanavicius, ultra-populaire dans le monde entier depuis The Artist, le coiffe au poteau avec un autre biopic, celui de  Jean-Luc Godard, pour Le Redoutable. Ça aurait de la gueule de voir JLG salué sur la Croisette !

Deux grands hommes au menu

Il l’a déjà reçue en 2015 pourLa loi du marché, mais franchement, Vincent Lindon mériterait bien un deuxième prix d’interprétation. Il est épatant en Rodin à la fois viril, fragile et torturé. Cet homme-là dévore l’écran comme si c’était son goûter. Les autres comédiens en compétition auront vraiment du mal à faire mieux ! A part peut-être Louis Garrel en Godard pour Le Redoutable de Michel Hazanavicius. Ce rôle est un aimant à prix d’interprétation doublé d’un hommage au 7e Art auquel le jury pourrait être sensible.

Oser le scénario et la mise en scène pour François Ozon

François Ozon s’y connaît pour faire monter la tension autour de personnages torturés. Il pourrait séduire par la mise en scène virtuose de L’Amant double dont les scènes coquines ont de bonnes chances d’émoustiller le président Almodóvar. Jérémie Renier et Marine Vacth y dévoilent beaucoup d’eux-mêmes… L’Amant double pourrait aussi créer la surprise par son scénario de thriller psychologique sulfureux dans la lignée du Elle de Paul Verhoeven. Autre sujet digne d’intérêt, celui qu’aborde  Robin Campillo dans 120 battements par minute, sur l’engagement de l’association Act Up-Paris, au moment le plus terrible de l’épidémie de sida au début des années 1990.

Duo de choc à l’autrichienne

Et si des acteurs français étaient récompensés dans le film d’un réalisateur étranger ? Isabelle Huppert a été honteusement oubliée l’an passé pour Elle. Quant à Jean-Louis Trintignant, il est toujours épatant, au point, qui sait ?, de damer le pion aux « jeunots » Louis Garrel et Vincent Lindon… Et Happy-End, film autrichien (mais en français) de Michael Haneke, dans lequel ils jouent, c’est l’un des films les plus attendus de cette édition. Suspense.