Le récap’
de la journée

«Psiconautas»: Un dessin animé à la Tim Burton pour dénoncer la misère et la corruption

ANIMATION
Interdit aux moins de 12 ans, ce très beau film sombre et personnel confirme que l'animation n'est pas faite que pour les enfants...
Psiconautas de Pedro Rivero et Alexandro Vàsquez
Psiconautas de Pedro Rivero et Alexandro Vàsquez
cvie
cvie

C’est un véritable coup de cœur que ce Psiconautas de Pedro Rivero et Alberto sorti par Eurozoom, distributeur exigeant à qui on doit de petits bijoux comme Cafard (Jan Bultheel, 2015) Iqbal (Michel Fuzellier et Babak Payami, 2016) ou Miss Hokusai (Keiichi Hara, 2015). Ce conte pour jeunes adultes, reparti paradoxalement bredouille du Festival d’Annecy, suit les destinées d’enfants aux physiques d’animaux tentant d’échapper à la misère sur une île qui semble avoir été frappée par un cataclysme.

a

Après une fort belle bande dessinée (éditée par Rackham) et Birdboy, un court-métrage récompensé par un Goya en 2012, Alberto Vàsquez a décidé d’adapter son histoire au format long, remportant un nouveau Goya (l’équivalent espagnol de nos Césars) pour ce film poétique et atypique. « Je me suis inspiré du quartier où j’ai grandi, qui était devenu une plaque tournante pour les dealers et les drogués », confie Alberto Vàsquez à 20 Minutes.

A la fois réaliste et fantastique

Dans un monde corrompu, le petit oiseau Birdboy veut retrouver son père tout en échappant à la police tandis que d’autres bambins font face à la corruption, la maltraitance et la misère. « J’ai mêlé cette vision très sombre à mon imaginaire pour créer ces gamins qui sont très proches de ce que j’aurais pu devenir, précise Vàsquez . Bien sûr, le film appartient au genre fantastique, mais il aborde des thèmes réalistes. »

Un film difficile à financer

C’est avec une petite équipe et beaucoup de système D qu’il a donné vie à sa vision. « Les financiers ne se bousculaient pas au portillon, se souvient-il, mais ce manque de moyens m’a permis de bénéficier d’une plus grande liberté. » Il l’a mise au profit d’un style très personnel à la fois foisonnant et épuré, angoissant et enfantin qui renforce l’impression d’isolement de jeunes héros en péril. Le spectateur se laisse happer dans son univers.

a

L’influence de grands artistes

« J’ai volontairement choisi des animaux mignons pour provoquer l’empathie du public sur ce qui est au fond une métaphore de l’adolescence », déclare le réalisateur qui avoue avoir pensé à Tim Burton mais aussi à l’artiste français Stéphane Blanquet. Cette fable interdite aux moins de 12 ans en France séduit immédiatement par sa force narrative. « Elle m’a donné le goût du cinéma mais je me vois aussi décliner mon univers dans des jeux vidéo », insiste Alberto Vàsquez. Il planche déjà sur un nouveau projet de long.

Cinéma