Arthur Jugnot: «Dans "Venise sous la neige", c'est l'accumulation qui provoque le rire»

COMEDIE Le comédien compose un beauf révélateur de nos mesquineries dans cette adaptation d’une pièce à succès…

Caroline Vié

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Olivier Sitruk, Juliette Arnauld et Gérard Jugnot dans Venise sous la neige
Olivier Sitruk, Juliette Arnauld et Gérard Jugnot dans Venise sous la neige — Urban distribution

Dans Venise sous la neige, comédie réalisée par Elliott Covrigaru, Arthur Jugnot en prend plein la figure. Il incarne un brave type très amoureux d’une fille pas bien finaude ( Elodie Fontan en fofolle). La visite d’un ami perdu de vue (Olivier Sitruk), dramaturge qui espère le voir produire sa pièce, tourne au jeu de massacre. La petite amie actrice de son copain ( Juliette Arnaud, irrésistible) feint d’être une étrangère comprenant fort mal le français pour faire enrager son compagnon.

Une scène de ménage dégénère en règlement de compte généralisé dans ce délire inspiré d’unepièce à succès signée Gilles Dyrek. Arthur Jugnot s’amuse visiblement à composer son rôle de beauf qui multiplie les gaffes pour provoquer les rires des spectateurs. Il a profité de la sortie de cette fantaisie pour se confier à 20 Minutes.

Qui est votre personnage ?

C’est un gars gentil mais pas forcément très malin. Sa copine et lui se connaissent depuis peu de temps et veulent se persuader qu’ils sont faits l’un pour l’autre au point de se montrer un peu trop exubérants. La présence d’une femme qu’ils croient venue du pays de l’Est va révéler leurs capacités de mesquinerie.

Sont-ils vraiment xénophobes ?

Ils sont surtout maladroits. Je crois que chacun d’entre nous peut avoir des réactions comme les leurs par instants. C’est l’accumulation qui provoque le rire. Le film cherche à mettre gentiment le spectateur en garde contre le manque de générosité et de curiosité.

Vous parveniez à garder votre sérieux ?

On avait du mal surtout que nous étions quatre et que chacun entraînait les autres. J’ai rarement autant ri pendant un tournage. Le réalisateur nous a même offert un DVD de notre bêtisier. J’espère que notre bonne humeur se communiquera aux spectateurs.

Le personnage d’Olivier Sitruk peine à monter sa pièce. Est-ce si difficile ?

Etant auteur, acteur, metteur en scène et directeur de théâtre, j’estime que plus dur est d’écrire une bonne pièce. A notre époque, il y a tant d’offres qu’on ne peut plus se permettre d’offrir un spectacle sympa. Il faut trouver des choses exceptionnelles.

Existe-t-il un modèle français de comédie ?

Chaque pays à sa façon de considérer l’humour, ce qui le rend souvent difficile à transposer à l’étranger. L’amant dans le placard amuse dans le monde entier, mais tout le monde ne l’en fait pas sortir de la même façon…