Cruel jeu de la séduction

CINEMA Le réalisateur du «Secret de Brokeback Mountain», Ang Lee revient au cinéma avec «Lust, Caution»...

Caroline Vié

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Une histoire d'amour contrariée au moins aussi poignante que Le Secret de Brokeback Mountain. Ang Lee revient au cinéma avec Lust, Caution, «le désir et la prudence». Deux sentiments opposés qui ne cessent d'animer son héroïne, jeune étudiante chargée d'assassiner un chef de la collaboration avec l'occupant japonais dans le Shanghai des années 1940.


Le cinéaste taïwanais a cette fois choisi d'adapter à l'écran une nouvelle de la romancière chinoise Eileen Chang, sans délaisser son thème de prédilection : la relation impossible de deux êtres que tout sépare.

Cette fresque de deux heures et demie intégralement filmée en Asie prend tout son sens et son ampleur au fur et à mesure que le temps passe, et que les personnages s'abîment dans un jeu cruel, mais subtil, du chat et de la souris. La débutante Tang Wei surprend constamment par la richesse de son jeu en espionne déchirée entre passion et convictions.

Dans le rôle de son amant, l'impeccable Tony Leung, menaçant et glacial, livre une performance éblouissante fort éloignée des séducteurs désabusés qu'il a campé chez Wong Kar-wai. L'alchimie des héros nourrit Lust, Caution, conte historique et érotique qui a subi les foudres de la censure chinoise en dépit du Lion d'or raflé à Venise.