Jean-François Davy: «On m’a reproché d’avoir l’air de trop m’amuser avec "Vive la crise!"»

COMEDIE Jean-François Davy a financé lui-même cette fantaisie libertaire et frappadingue filmée entre potes…

Caroline Vié

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Jean-Marie Bigard et Jean-Claude Dreyfus dans Vive la crise ! de Jean-François Davy
Jean-Marie Bigard et Jean-Claude Dreyfus dans Vive la crise ! de Jean-François Davy — Stéphane Mulys/Kannibal

Et si Jean-François Davy était le dernier indépendant français ? Le réalisateur de Vive la crise ! a vendu son appartement parisien pour produire lui-même cette comédie farfelue pour laquelle il ne trouvait pas de financement. « On m’a reproché d’avoir l’air de trop m’amuser avec mon histoire quand j’ai cherché à obtenir des subventions, explique-t-il à 20 Minutes. Il paraît qu’il faut être sérieux quand on a envie de faire rire ! J’ai donc décidé de mettre la main au portefeuille tout en gardant quelque argent pour assurer mes vieux jours. »

Il faut dire que le réalisateur n’y est pas allé de mainmorte avec ce scénario frappadingue pour lequel il a réuni une distribution de potes : Jean-Claude Dreyfus, Jean-Marie Bigard, Dominique Pinon, Rufus et Michel Aumont. Sa galerie de personnages délirants permet de rencontrer de grands auteurs (Montaigne, La Boétie et Pirandello) en même tant que des clochards sympas, un papy coquin, un senior puceau et une prostituée sexy. Tout ça dans une France de 2025 dans laquelle Marine Le Pen aurait été élue avant de démissionner après trois ans au pouvoir !

Vive la solidarité !

« Il n’y a pas de message politique dans mon film, si ce n’est celui qu’il peut être doux de vivre ensemble si chacun y met du sien et se retrouve dans des valeurs de solidarité », précise le septuagénaire qui vient de sortir un livre (aux éditions Movinside) pour célébrer ces 50 ans de carrière. « Cela s’appelle Le cul entre deux chaises car c’est ainsi que je me suis toujours senti, entre divertissement et cinéma d’auteur. » Un coffret réunissant vingt-trois films réalisés par Jean-François Davy permet de constater un éclectisme qui lui a permis de passer de l’érotisme (Exhibition en 1975) à l’aventure (Les aiguilles rouges en 2005) et que l’on retrouve dans Vive la crise !.

Vive le cinéma !

« C’est un peu un film somme, où je mélange tout ce que j’aime dans la vie : le sexe, le rire, la bonne bouffe et la picole, l’amitié, la solidarité… », insiste le cinéaste. A la fois liste à la Prévert et Cour des miracles, cette fantaisie vibre d’une sincérité totale. « J’ai souhaité faire un divertissement populaire. S’il ne marche pas, c’est que le public ne m’aura pas suivi et ce sera mon dernier film », insiste Jean-François Davy. A 72 ans, l’homme reste avant tout un amoureux du 7e Art qui compte continuer à distribuer les classiques d’autres cinéastes en vidéo. « J’aimerai le cinéma jusqu’à mon dernier souffle, même si je ne réalise plus ! », clame-t-il. Vive la crise ! est aussi une façon de crier cet amour.