Eric Judor: «Macho, râleur et un peu obsédé, mon personnage de "Problemos" me ressemble»

COMEDIE Pour cette fantaisie, le comique s’est inspiré des militants de « Nuit debout » avec beaucoup de tendresse…

Caroline Vié

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Problemos d'Eric Judor
Problemos d'Eric Judor — StudioCanal

Eric Judor ne se donne pas le beau rôle dans Problemos qu’il réalise. Il y incarne un père de famille quadragénaire accompagnant son épouse et sa fillette sur la prairie où une communauté d’altermondialistes a élu domicile afin de s’opposer à la construction d’un parc aquatique. « Macho, râleur et un peu obsédé, mon personnage me ressemble » plaisante l’acteur-réalisateur qui se rit aussi férocement des militants écologistes que des citadins esclaves de leur téléphone portable.

Sur un scénario écrit parNoé Debré et  Blanche Gardin (irrésistible écolo pure et dure), Eric s’amuse à confronter cette petite bande à ses contradictions quand une terrible pandémie fait qu’ils restent soudain les seuls habitants de la planète. « Il a fallu trouver le juste équilibre pour rire d’eux sans être trop moqueur car je respecte leurs idéaux », explique l’humoriste à 20 Minutes. Pour autant, sa charge est féroce dans les paysages sauvages d’une Auvergne préservée.

Un peu de tenue(s)

Les scénaristes ont mené l’enquête sur des «Zad » pour construire ce film d’anticipation à l’humour ravageur. Quant à Eric Judor, c’est avec à Nuit Debout, place de la République, qu’il est allé rencontrer des militants pour nourrir sa fiction. « J’ai été épaté par leur détermination pour défendre leurs idéaux. C’était rafraîchissant », se souvient-il. Cela ne l’a pas empêché de laisser son humour prendre le dessus ! « Certains avaient des tenues incroyables : claquettes avec chaussettes, pantacourts, bonnets péruviens, sacs à dos et parfois dreads : un vrai festival. »

Retour à la nature humaine

Dans la communauté du film, la nature humaine ne tarde pas à reprendre le dessus sur la générosité quand les héros se retrouvent livrés à eux-mêmes. « La foule me fait peur, avoue Eric. J’ai toujours préféré cultiver ma singularité que de me laisser emporter dans un mouvement de masse. » La lutte des classes et le retour à la hiérarchie malmènent les personnages de cette charge vacharde, incapables de mettre leurs grandes idées en pratique quand ils sont mis au pied du mur. « J’aurais du mal à faire partie d’une communauté comme celle-ci, s’amuse Eric. Ce n’est pas seulement parce que je participe à des pubs pour EDF que j’aime avoir l’électricité. » En revanche, on n’a aucun mal à s’amuser avec Problemos !