«Tunnel»: La corruption mise à jour par une catastrophe en Corée du Sud

SUSPENSE Le réalisateur sud-coréen de «Tunnel» se sert des ingrédients d'un film catastrophe pour dénoncer la corruption dans son pays...

Caroline Vié

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Tunnel de Kim Seong-hun
Tunnel de Kim Seong-hun — Version orignale/Condor

Pour apprécier Tunnel de Kim Seong-hun, mieux vaut ne pas être claustrophobe ! Le héros de ce film catastrophe sud-coréen se retrouve coincé sous les ruines d’une autoroute effondrée. Parviendra-t-on à le trouver avant qu’il ne meurt étouffé tandis que son épouse, des sauveteurs, les médias et les personnalités politiques, à la surface, tentent de faire concorder leurs intérêts contradictoires ?

« Aucun tunnel ne s’est jamais effondré en Corée du Sud, explique le réalisateur de Hard Day (2015) à 20 Minutes. En revanche, nous avons vu un pont, un ferry et un magasin s’écrouler causant de nombreuses victimes. C’est pour cela que mon film a fonctionné dans mon pays : les gens le trouvaient suffisamment réaliste pour se sentir concernés. » L’importance de la vie humaine est le sujet principal de cette histoire qui a attiré plus de 7 millions de spectateurs.

Besoin de changement

Ce suspense où un homme d’abord antipathique finit par gagner le spectateur à sa cause en portant secours à une femme grièvement blessée puis en s’attachant à un petit chien est aussi spectaculaire que haletant. « Le public coréen est maintenant habitué aux superproductions locales. Il faut donc le surprendre constamment pour faire passer son message et montrer à quel point notre pays a besoin de changement. » Si Tunnel est un divertissement rythmé, ce film brillant dénonce la corruption qui gangrène la Corée.

Une dénonciation sévère

« Les politiques et les responsables d’entreprises de bâtiments se sont violemment insurgés contre mon film en m’accusant de les montrer sous un jour peu flatteur », insiste le cinéaste. Il est vrai que l’accident est causé par la négligence des deux parties qui ont préféré faire des économies plutôt que de s’assurer de la solidité de la construction. Les médias, prêts à tout pour obtenir un scoop, en prennent aussi pour leur matricule.

La solidarité comme solution

« Mon film n’est pas pessimiste, précise le réalisateur. Il démontre que la solidarité entre les petites gens est la solution et que les vrais superhéros se trouvent parmi nous. » Mêlant étude psychologique et scènes d’action souterraines, Tunnel fait monter la tension d’un public se sentant pris au piège en même temps que le héros. « Ce drame pourrait se produire n’importe où, martèle Kim Seong-hun, car les comportements que je décris sont humains. » C’est dans doute pour cela qu’on se sent pris aux tripes par son histoire.

#Tunnel La fille de dix ans Kim Seong-hun a dessiné une affiche du film pour son Papa

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