VIDEO. Reda Kateb fait des étincelles dans la peau de «Django», le «premier guitar hero»

BIOPIC Grâce au talent de son interprète, le réalisateur Etienne Comar brosse un portrait fascinant du musicien à une période charnière de la Seconde Guerre mondiale...

Caroline Vié

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Reda Kateb dans Django d'Etienne Comar
Reda Kateb dans Django d'Etienne Comar — Fidélité/Arches Films

Django Reinhardt (1910-1953) est Reda Kateb et vice-versa ! DansDjango d’ Etienne Comar, l’acteur livre une composition remarquable en faisant revivre le guitariste en 1943, pendant une période charnière de son existence.

« Il fut le premier guitar hero, explique le réalisateur à 20 Minutes. A une époque où les musiciens étaient lisses, il avait une attitude rock 'n' roll qui détonnait. » Le film n’angélise en rien son sujet, volontiers capricieux et égocentrique, qui ne facilite pas la vie des femmes de son entourage jouées par Cécile de France et Beata Palya.

Rattrapé par l’Histoire

« J’ai volontairement choisi ce moment de sa vie où il réalise les persécutions que subit la communauté tzigane », précise Etienne Comar, qui signe ici sa première réalisation après avoir notamment produit Mon roi (Maïwenn, 2015), Timbutku (Abderrahmane Sissako, 2014) et Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois, 2010). Le musicien qui souhaitait s’expatrier en Suisse pour échapper aux Allemands découvre avec horreur ce que vit son peuple.

Isolé dans la musique

« Comme beaucoup d’artistes, Django s’isolait dans son travail, explique le réalisateur qui met l’accent sur la musique de Reinhardt. Mais il reste peu de traces de ce qu’il était : il n’apparaît que sur 350 photos et quelques minutes de film, ce qui renforce son aura mystérieuse. » Celui que Jean Cocteau qualifiait de « doux fauve » a traversé le temps grâce à ses enregistrements. « Il n’écrivait pas ses œuvres, ce qui explique que certaines ont totalement disparu », insiste Etienne Comar.

Un morceau mythique

C’est le cas du Requiem pour mes frères tziganesqu’il n’a joué qu’une seule fois après guerre et dont il ne subsiste que quelques mesures enregistrées au cours d’une répétition. « Conclure mon film sur ce morceau qui lui tenait tant à cœur était une façon de lui rendre hommage mais aussi d’évoquer la communauté tzigane dont il est le représentant le plus connu. » Reda Kateb parvient à rendre le charisme de son modèle tout en se montrant étonnamment crédible la guitare à la main.

Une star inoubliable

« Django a inspiré les plus grands guitaristes car son style était une forme de "proto rock", insiste Etienne Comar. Jimi Hendrix se réclamait directement de lui. » Un magnifique CD (Editions Impulse) accompagne la sortie de ce biopic sur un homme complexe pour lequel Etienne Comar fait partager sa passion. On sort de la salle avec une furieuse envie de réécouter la bande-son.