Un film tourné en Penn nature

Caroline Vié

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Quelques jours après avoir été nommé président du jury du prochain Festival de Cannes, Sean Penn sort son nouveau film, Into the Wild (En pleine nature), dans lequel il tente de faire partager au spectateur son empathie pour son héros, Christopher McCandless. Le réalisateur, militant démocrate et écologiste convaincu, aura mis dix ans à porter à l'écran l'histoire vraie de cet étudiant de 22 ans qui a tourné le dos à un avenir brillant pour devenir un « super-clochard » autoproclamé.

Le livre Voyage au bout de la solitude, récit de son périple tragique à travers les Etats-Unis écrit par le journaliste Jon Krakauer (publié aux Presses de la Cité), a servi de base à un film fleuve de deux heures trente. Couple de hippies en crise, fermier rebelle et vieillard solitaire croisent la route de McCandless, qui leur fait partager sa sagesse à base de renoncement aux biens de consommation. Le réalisateur d'Indian Runner colle au plus près à Emile Hirsch, méconnaissable dans le rôle de ce fils à papa un brin sentencieux qui a choisi de se rendre en Alaska à pied, en solitaire, sans équipement ni entraînement. On peut se laisser envoûter par le trip extrême d'un garçon prêt à payer cher son choix de vie ou bien être agacé par cet ennemi de la modernité. Sean Penn a clairement choisi son camp avec un mélange de naïveté et de passion que son héros ne renierait pas.