Paul Williams est Swan dans Phantom of the Paradise
Paul Williams est Swan dans Phantom of the Paradise — Carlotta

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Paul Williams: «La force de "Phantom of the Paradise" est d'être à la fois daté et indémodable»

Paul Williams, compositeur et acteur, s’est confié à « 20 Minutes » à l’occasion de la réédition du film dans un coffret sublime…

Brian De Palma fait se rencontrer Le Fantôme de l’Opéra et le mythe de Faust pour Phantom of the Paradise, Grand Prix du Festival d’Avoriaz en 1975 qui ressort en vidéo chez Carlotta dans une édition à couper le souffle. « La Force de Phantom of the Paradise est d’être à la fois daté et indémodable », explique Paul Williams à 20 Minutes. Compositeur d’une bande-son inoubliable et acteur principal du film, ce dernier y incarne un producteur de musique diabolique.

Un triomphe mais pas tout de suite

« Le film s’est vautré à sa sortie en salles et je n’aurais jamais pensé qu’il resterait dans les esprits. Cette expérience m’a appris que le succès peut ne pas être instantané », avoue Paul Williams. Son personnage vole la musique d’un compositeur naïf (William Finley) obligeant ce dernier à commettre des meurtres pour que la femme dont il est amoureux ( Jessica Harper) chante ses chansons à sa place.

Paul Williams et William Finley dans Phantom of the Paradise de
Paul Williams et William Finley dans Phantom of the Paradise de - Carlotta

Comique plus qu’horrifique

« L’ensemble est plus drôle qu’effrayant, explique-t-il. Je ne suis pas certain que c’était ce que Brian voulait au départ mais il est certain que l’humour y est omniprésent. » Une scène parodiant la douche dePsychose ( Alfred Hitchcock, 1960) est devenue « presque aussi connue que celle qui l’a inspirée ». Williams garde un souvenir tout aussi ému de son personnage, un « charmeur infect, tellement salaud qu’il en devient séduisant », décrit-il.

Tout pour la musique

Le plus grand défi de Williams a cependant été d’écrire les tubes de Phantom of the Paradise. « Il y avait quelque chose de complètement fou à l’idée de composer des chansons en se disant que les personnages du film devaient les trouver assez bonnes pour s’entre-tuer afin de les obtenir », plaisante-t-il. Le musicien a parodié toutes les tendances de l’époque (rock, hard-rock, country). « C’était un film sous influence, tant pour Brian que pour moi, et il a fini par trouver son propre ton. »

Un culte toujours vivace

Le culte perdure dans ce nouveau coffret bourré de suppléments (documentaire, interviews, photos et livret). « Mon rêve serait maintenant de monter le Phantom sur scène et j’espère y parvenir avant ma mort », déclare Paul Williams, aujourd’hui âgé de 76 ans. On le souhaite tout autant que lui et, en attendant, on peut toujours (re) redécouvrir ce petit bijou d’humour noir. Indémodable, on vous dit. (Coffret Ultra collector : 50 €)