«Je danserai si je veux»: Trois femmes palestiniennes en quête de liberté

CHRONIQUE Maysaloun Hamoud donne la parole à un trio de femmes fort différentes mais soucieuses de vivre à leur guise...

Caroline Vié

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Les héroïnes de «Je danserai si je veux», de Maysaloun Hamoud.
Les héroïnes de «Je danserai si je veux», de Maysaloun Hamoud. — Paname distribution

Elles sont trois palestiniennes  à partager un appartement de Tel Aviv. Les héroïnes de Je danserai si je veux, premier film de Maysaloun Hamoud produit par Shlomi Elkabetz, semblent d’abord n’avoir que peu de points communs mais elles vont apprendre la solidarité fémine au cours de cette chronique tonique. « Aucune de ces femmes n’existe vraiment comme telle, explique la jeune cinéaste à 20 Minutes. Elles sont des composites de personnes que je connais. »

Une avocate embringuée dans une relation toxique, une lesbienne rejetée par ses parents et une étudiante plus conservatrice prête à épouser un homme autoritaire tentent de cohabiter malgré leur différence. « Elles ne demandent qu’à vivre comme elles l’entendent malgré la pression sociale, dit la cinéaste trentenaire. Mon film parle de ce combat au quotidien. » Par petites touches, elle fait partager les épreuves mais aussi les joies des protoganistes.

Des plaisirs simples

«J'ai tenu à souligner qu'elles ne vivent pas un calvaire permanent, précise Maysaloun Hamoud. Ce sont des femmes ordinaires avec des plaisirs simples et des problèmes quotidiens. C'est pour cela que je pense que tout le monde peut se sentir proche d'elles.» Leur courage face à la violence de leurs proches émeut quand elles finissent par faire cause commune contre ceux qui les oppressent.

Sur le chemin de l'émancipation

Le chemin qui mène à l'émancipation a un prix pour les héroïnes qui s'élèvent contre le patriarcat et l'homophobie. Elles sortent grandies d'avoir fait front commun devant l'adversité dans un monde où même fumer une cigarette peut être considéré comme un acte de révolte.  «J'ai été impressionnée par les réactions positives de nombeux Palestiniens de tous âges face à Je danserai si je veux, avoue Maysaloun Hamoud. Elles m'ont prouvé que les choses avancent dans le bon sens.»

Congratulations to “IN BETWEEN” director #MaysalounHamoud and producer #ShlomiElkabetz Zeynep Özbatur Atakan says "YAPIMLAB AWARD is a project development, strategy and communication platform designed for the young film makers and professionals throughout the world. The winner of this award will be hosted in Istanbul for a week and while joining YAPIMLAB platform, will also be introduced to Turkish producers and other film professionals. The choice of films for the "Pitch Point 2015" at Jerusalem Film Festival was excellent. All the projects were very creative and unique. For this successful choice I would like to thank Jerusalem Film Festival, especially dear Elad, Noa and Claudia. Today, it is so essential for the woman characters in the film to be in a more active position. Especially it is very valuable to hear voices from women living in rather different places on Earth. I give "YAPIMLAB AWARD" to "IN BETWEEN" Director: Maysaloun Hamoud, and Producer: Shlomi Elkabetz For their handling of the women characters in the film; A film which is open to creative production strategies." #jerusalemfilmfestival #jerusalemfilmfestival2015 #YAPIMLABAWARD #ewawomen #ewa #EuropeanAudiovisualWomensNetwork #jerusalemfilmfestival2015 #jff32 #youngproduceraward #yapimlabodulleri #jerusalempitchpoint #productionstructure #projectdevelopment #PitchPoint2015

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Une réalisatrice menacée

Bien que le film a été récompensé à Toronto et à San Sebastian, son message de liberté qui ne plaît pas à tout le monde : la réalisatrice aurait fait l’objet d’une fatwa. «Je n’ai jamais eu peur de m’exprimer, confie-t-elle à 20 Minutes. Il est temps que les femmes fassent entendre leur voix.». Celle de Maysaloun Hamound a la puissance suffisante pour faire vibrer le cœur des spectateurs. Espérons qu’ils seront nombreux à venir l’écouter.