«Les mauvaises herbes»: Comment filmer de la marijuana pour de rire

COMEDIE Dans le film canadien «Les mauvaises herbes», le héros cultive du cannabis, mais ce n'est pas tout à fait de la vraie qu'on voit à l'écran. Explications...

Caroline Vié

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Alexis Martin dans Les mauvaises herbes de Louis Bélanger
Alexis Martin dans Les mauvaises herbes de Louis Bélanger — Happiness Distribution

On rit de bon cœur en regardant Les mauvaises herbesde Louis Bélanger. Ce conte ironique met aux prises un acteur ringard et une factrice lesbienne, paumés dans un coin isolé du Québec et contraints d’aider un fermier bourru dans sa culture de la marijuana. « La "mariculture", comme on dit au Québec, est un prétexte pour faire cohabiter ces personnages à la morale élastique pendant un hiver », explique le réalisateur à 20 Minutes.

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De la "mariculture" crédible

Si le cinéaste et ses acteurs Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez et Alexis Martin aborde le sujet avec une réjouissante liberté de ton, l’équipe a été très sérieuse quant aux herbes qui donnent son titre à cette délicieuse comédie. « Nous avons fait appel à un conseiller technique pour tout ce qui concerne les plantations, raconte Louis Bélanger. Nous l’avons même crédité au générique sous un intitulé discret que je ne dévoilerai pas. »

Du vrai matériel pour son cultivateur

Le réalisateur tenait à ce que les plantations soient le plus réaliste possible. « Le matériel qu’utilise le héros pour faire pousser sa marijuana est authentique : il a été racheté à la police après avoir été saisi chez des trafiquants », précise-t-il. Pour représenter la marijuana du film, Louis Bélanger a d’abord pensé à utiliser de vraies plantes. « J’ai longtemps espéré qu’on allait nous accorder une dérogation pour les faire pousser ce qui était un brin naïf », avoue-t-il.

Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez et Alexis Martin dans Les mauvaises herbes de Louis Bélanger
Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez et Alexis Martin dans Les mauvaises herbes de Louis Bélanger - Happiness Distribution

De l’herbe made in Hollywood

Trois semaines avant le tournage, alors qu’avocats et policiers se renvoyaient la balle, André-Line Beauparlant, directrice de production a pris les choses en main. « Elle a fait venir tous les faux plants de cannabis utilisés dans les séries Breaking Bad et Weeds. J’étais tout fier de me dire que notre herbe venait d’Hollywood mais on a trouvé ces plans trop moches pour les utiliser ! »

De belles plantes

Soixante personnes se sont alors mises au travail pour créer les deux mille plants en tissus qu’on voit dans le film. « C’était finalement mieux que des vrais : ils n’auraient pas supporté les changements de température. Ça pouvait descendre jusqu’à - 39°C », se souvient Louis Bélanger. Son acteur Gilles Renaud, épatant en cultivateur vieillissant, garde un beau souvenir du tournage. « Je suis devenu incollable sur la mariculture, affirme-t-il, même si cela ne me sert à rien car le cannabis est encore interdit au Canada. » Il est, en revanche, fort recommandé d’aller découvrir Les mauvaises herbes en salles.