«Going to Brazil»: Un very bad trip de filles sous l'influence revendiquée de Tarantino

COMEDIE Avec «Going to Brazil», Patrick Mille réalise un film de genre centré sur des femmes fortes et assume l'influence de Quentin Tarantino...

Caroline Vié

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Alison Wheeler, Margot Bancilhon, Philippine Stindel, Vanessa Guide dan Going to Brazil de Patrick Mille
Alison Wheeler, Margot Bancilhon, Philippine Stindel, Vanessa Guide dan Going to Brazil de Patrick Mille — Océan Films

Quatre copines passent de la franche rigolade au drame dans Going to Brazil de Patrick Mille. Leur voyage de rêve au Brésil pour le mariage de l’une d’elle vire au cauchemar quand elles tuent accidentellement un séducteur trop pressant.

Alison Wheeler, Margot Bancilhon, Philippine Stindel et Vanessa Guide rivalisent de charme et d’énergie dans ce film de genre parfois drôle, parfois brutal, et dont les changements de genres surprennent constamment.

« Dans Going to Brazil, les héroïnes sont des femmes d’aujourd’hui : fêtardes mais capables de se conduire en adultes responsables quand les choses tournent mal, explique le réalisateur de Mauvaise fille (2012). Les femmes ne sont pas toujours bien traitées dans le cinéma français. Ici, elles prennent le pouvoir. »

Entre Besson et Tarantino

Si on pense à Very Bad Trip de Todd Phillips, le réalisateur se réclame de Luc Besson mais aussi de Quentin Tarantino. « Ce sont des cinéastes qui aiment les actrices, comme moi, et qui les mettent en avant. Luc Besson a offert des héroïnes puissantes dans la plupart de ses films. Quant à Tarantino, son Boulevard de la mort m’a beaucoup influencé. » Comme les copines de ce film de 2007, les filles de Going to Brazil jurent comme des charretiers et se montrent profondément solidaires quand elles sont confrontées à des hommes pas vraiment recommandables.

Les femmes au premier plan

« C’est vrai que les personnages masculins ne sont pas gâtés par mon scénario, plaisante Patrick Mille qui s’est écrit un rôle peu reluisant d’attaché d’ambassade félon. J’ai voulu que les femmes soient au centre du récit. » Une cheffe de gang redoutable est l’un des symboles forts de ce choix qui n’a pas facilité la besogne du cinéaste. « Financer un long-métrage avec des actrices inconnues constitue un véritable défi. Cela aurait sans doute été plus facile s’il s’était agi de garçons car la tradition du film de potes avec des mecs est plus rassurante pour les investisseurs. »

Quatre révélations au générique

Patrick Mille n’en est pas à son coup d’essai. Il a révélé Izïa Higelin dans Mauvaise fille, un rôle qui a permis à cette dernière d’obtenir un César en 2013. « Je persévère dans cette voie, celle de la découverte et du risque, même si cela veut dire que je dois me battre pour convaincre », explique-t-il. Son quatuor d’actrices prouve que le réalisateur a du nez quand il s’agit de débusquer de nouveaux talents. Elles sont aussi crédibles dans le rire que dans l’action.