«La Confession»: Romain Duris prêche Marine Vacth d'un peu trop près

DRAME Remake de « Leon Morin, prêtre », de Jean-Pierre Melville, « La Confession » de Nicolas Boukhrief émeut autour de l’amour impossible entre un curé et une paroissienne…

Caroline Vié

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Marina Vacth et Romain Duris dans La Confession de Nicolas Boukhrief
Marina Vacth et Romain Duris dans La Confession de Nicolas Boukhrief — SND

Nicolas Boukhrief n’a pas choisi la facilité pourLa Confession. De prime abord, on ne peut pas dire que le réalisateur du Convoyeur(2003) et de Made in France envoie du rêve en évoquant l’histoire d’amour impossible entre un prêtre et une jolie paroissienne à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Faire appel à deux stars charismatiques Romain Duris et Marine Vacth rend son entreprise nettement plus glamour. Les face-à-face entre ces deux fortes têtes valent le détour dans cette adaptation du Léon Morin, prêtre, roman de Béatrice Beck déjà porté à l’écran par Jean-Pierre Melville en 1961 avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva dans les rôles principaux.

Une confession torride

Le « dialogue entre ce prêtre et cette jeune communiste, tous les deux d’une sincérité absolue dans leur foi », comme le définit le réalisateur, n’a pas pour vocation de tourner aux « 50 nuances de soutanes » car les rapports entre les deux héros restent purement intellectuels et donc platoniques. La jeune femme avoue quand même s’adonner au plaisir solitaire dans l’espoir (vain) de choquer son interlocuteur. L’attirance réciproque entre la jeune femme, dont le mari est prisonnier en Allemagne, et le prélat enchaîné par ses vœux poigne pourtant par son intensité.

Une sensualité discrète

Il ne s’agit pas non plus d’une passion à la façon de Les oiseaux se cachent pour mourir, best-seller de Colleen McCullough où une jeune femme se pourrissait la vie sentimentale en soupirant pour un trop beau curé joué par Richard Chamberlain dans une série télévisée devenue culte au début des années 1980. Nicolas Boukhrief laisse la sensualité monter doucement mais sûrement entre ses deux protagonistes qui auraient pu s’aimer dans d’autres circonstances. C’est une tragédie amoureuse toute en discrétion qu’il offre au spectateur. Ce qui rend son film touchant.