Grand Corps Malade: «L’autodérision dans "Patients" est un bon remède contre le désespoir»

COMEDIE Le chanteur Grand Corps Malade arrive à faire rire avec «Patients», film adapté de son livre autobiographique sur un centre de rééducation pour handicapés...

Caroline Vié

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Pablo Pauly dans Patients de Grand corps malade et Mehdi Idir
Pablo Pauly dans Patients de Grand corps malade et Mehdi Idir — Gaumont Distribution

AvecMehdi Idir, Fabien Marsaud (alias Grand Corps Malade) signe un film aussi drôle que touchant. S’appuyant sur son livre autobiographique (édition Points), le slameur profite de son passage derrière la caméra pour évoquer sa rééducation réussie dans un centre spécialisé après l’accident qui l’avait laissé paralysé.

Pas question pour ce scénario coécrit avec Fadette Drouard de laisser la moindre place à l’apitoiement ou la tristesse. Les auteurs ont mis l’accent sur l’humour parfois très noir pour mieux faire connaître la réalité des handicapés. On sourit beaucoup pendant la projection de Patients, ce qui n’empêche pas d’autres émotions d’affleurer. « L’autodérision, dans le film, est un bon remède contre le désespoir », explique Fabien Marsaud à 20 Minutes.

La vie quotidienne des tétras

Dès les premières images, le ton est donné quand le héros incarné par Pablo Pauly est réveillé dans sa chambre par un infirmier à la jovialité exaspérante. « Tout ce que nous montrons est vrai. Je dois admettre que nous sommes restés en dessous de la réalité car je pense qu’on nous aurait accusés d’exagération si nous l’avions respectée », avoue Fabien Marsaud. Combats de boxe entre fauteuils roulants, vannes permanentes et dégustations de joints dans les couloirs sont au menu.

Une réalité méconnue

« L’idée était aussi de montrer la réalité en insistant sur des détails peu connus par ceux qui ne fréquentent pas de handicapés, insiste Mehdi Idir. Les gestes de la vie courante - comme manger, changer de chaîne de télé ou aller aux toilettes - deviennent un parcours du combattant quand on ne peut pas bouger. » Le film trouve réussit la gageure de ne pas gommer les difficultés que rencontrent les patients, tout en amusant le spectateur avec leurs conversations délirantes ou vachardes.

Pas "Intouchables" bis

Si on pense à Intouchables d’Eric Toledano et Olivier Nakache (2012), le duo de réalisateurs réfute cette référence. « Les personnages principaux de notre film sont tous en fauteuil roulant et nous avons choisi de ne pas faire appel à des stars pour les incarner », martèle Fabien Marsaud. Ce parti pris, qui a rendu Patients difficile à financer, se révèle payant car le public croit immédiatement en ces jeunes frappés par le sort et à leurs efforts. Il ne rit pas d’eux, mais avec eux. Cette comédie humaniste a trouvé le juste équilibre entre tendresse et férocité, gage de sa réussite.