César 2017: Des féministes expriment leur «colère» après la nomination de Polanski

POLEMIQUE L’association Osez le Féminisme a regretté la « tolérance sociale qui existe encore au sujet du viol en France »…

20 Minutes avec AFP
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La présidence de Roman Polanski aux César ne fait pas l'unanimité
La présidence de Roman Polanski aux César ne fait pas l'unanimité — NIVIERE/SIPA

La colère gronde. L’association Osez le Féminisme a exprimé sa « colère » ce jeudi en réaction au choix du réalisateur franco-polonais Roman Polanski pour présider la 42e cérémonie des César, appelant à un rassemblement de protestation le 24 février. Le réalisateur de Tess, du Pianiste, Rosemary’s Baby ou Chinatown est poursuivi depuis quarante ans par la justice américaine pour le viol présumé d’une mineure en 1977.

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« Un pied de nez indigne fait aux nombreuses victimes »

« Indépendamment de la qualité de la filmographie de M. Polanski, on ne peut pas passer sous silence le fait que depuis quarante ans il échappe à la justice américaine », a déclaré Claire Serre Combe, porte-parole d’Osez le féminisme. « Quelques semaines après l’affaire David Hamilton, et alors qu’est menée une réflexion sur les délais de prescription pénale pour les victimes de violences sexuelles (…), la désignation de Roman Polanski est un pied de nez indigne fait aux nombreuses victimes de viols et d’agressions sexuelles », a estimé l’association dans un communiqué intitulé : « Nous avons la nausée. »

Elle a regretté la « tolérance sociale qui existe encore au sujet du viol en France ».

Un rassemblement le 24 février devant la salle Pleyel

Le photographe David Hamilton a été accusé par l’animatrice Flavie Flament de l’avoir violée il y a près de trente ans, avant d’être retrouvé mort à son domicile parisien quelques semaines plus tard, fin novembre. « Il y a certainement d’autres personnes tout aussi talentueuses que M. Polanski, pourquoi pas des femmes, pour présider cette cérémonie », a estimé Claire Serre Combe.

Osez le féminisme appelle à un rassemblement le 24 février à 18h30, devant la salle Pleyel à Paris où se tiendra la remise des prix

Une pétition en ligne

Une pétition « pour la destitution de Roman Polanski comme président des César » avait recueilli jeudi en début d’après-midi près de 5.000 signatures, dont celle de la féministe Caroline De Haas. Interrogée sur France Info jeudi matin, l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti a en revanche estimé que ce choix est « la liberté absolue de l’Académie des César », et a souhaité « qu’on laisse (Roman Polanski) présider cette cérémonie ».

« C’est un très grand réalisateur », a-t-elle souligné. « C’est quelque chose qui s’est passé il y a quarante ans. On ne peut pas à chaque fois relancer cette affaire. » « Il ne faut pas donner plus d’importance que ça en a à une cérémonie télévisée et professionnelle sur le cinéma », a-t-elle relativisé.