Sexe non simulé au cinéma: Certains films bientôt autorisés aux mineurs?

CULTURE Le ministère de la Culture veut assouplir la législation en vigueur pour ne pas pénaliser l’économie du 7e Art et tenir compte des réalités des films actuels…

20 Minutes avec agence

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Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe dans «Antichrist».
Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe dans «Antichrist». — Les Films du Losange

Un décret datant de 2003 interdit actuellement aux spectateurs de moins de 18 ans les films montrant « des scènes de sexe non simulées ou de très grande violence ». Mais les choses pourraient rapidement changer, avec la volonté de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, d’assouplir la réglementation en vigueur.

Un nouveau décret régissant les critères d’interdiction aux mineurs devrait en effet être promulgué avant la fin du mois de février. « L’interdiction aux moins de 18 ans ne sera plus appliquée automatiquement aux œuvres comportant des scènes de sexe non simulé, mais réservée aux œuvres comportant des scènes de sexe ou de violence de nature à heurter gravement la sensibilité des mineurs », a ainsi expliqué Audrey Azoulay, citée par BFM TV.

Un argument économique

Les responsables de la classification au sein du ministère de la Culture avaient déjà tenté de faire passer l’interdiction de moins de 18 ans à moins de 16 pour quelques films, dont Love de Gaspard Noé ou  Antichrist de Lars Von Trier. Mais, saisie par des associations comme Promouvoir, la justice avait appliqué la loi et interdit ces longs-métrages aux mineurs.

Pour les professionnels du cinéma, une éventuelle interdiction d’un film aux moins de 18 ans entraîne une diminution du nombre de places vendues, un accès impossible aux grands réseaux de distribution, qui refusent de proposer à leurs clients ce type d’œuvres et, plus tard, une diffusion restreinte sur les chaînes de télévision ou les services à la demande.

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Mais c’est aussi pour adapter la loi aux réalités des films actuels qu’Audrey Azoulay entend modifier la législation. En effet, comme le note un rapport remis au ministère en février 2016 par Jean-François Mary, alors président de la commission de classification des films, « le critère de la "non-simulation" a évidemment perdu son intérêt au cours des récentes années. Une scène peut être tout à fait explicite à l’écran tout en ayant été simulée lors du tournage ».