Ben Affleck: «Contrairement au héros de "Live by night", je n'ai eu à tuer personne pour m'imposer»

INTERVIEW Ben Affleck est à la fois acteur et réalisateur dans le magnifique «Live by Night» où il rend hommage aux classiques du polar...

Caroline Vié

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Ben Affleck est à la fois acteur et réalisateur pour Live by Night
Ben Affleck est à la fois acteur et réalisateur pour Live by Night — Claire Folger / Warner Bros.

Dans Live by Night qu’il a réalisé, Ben Affleck s’est réservé un personnage de gangster au grand cœur issu d’un roman de Dennis Lehane dont il avait déjà porté à l’écran Gone Baby Gone. Ce vétéran de la Première Guerre mondiale tente de dominer le marché du rhum dans le Boston des années 1920.

Ce visionnaire veut imposer une conception particulière de la mafia. Il souhaite ouvrir un casino qui lui permettait de passer petit à petit sur le chemin de légalité. Trois femmes, jouées par Zoe Saldana, Elle Fanning et Sienna Miller, vont changer sa vie et ses plans. L’acteur-réalisateur est venu à Paris pour défendre les couleurs de ce film noir et en a profité pour se confier à 20 Minutes.

En quoi le héros de « Live by night » est-il différent des autres gangsters ?

Les combats auxquels il a participé en France l’ont traumatisé en le faisant passer dans le camp de la délinquance. Il n’aime pourtant pas la violence et aimerait pouvoir se ranger en devenant un homme respecté. Il est en avance sur son temps et ses chefs ne le comprennent pas. Ils croient que faire régner la terreur est la seule solution valable.

Avez-vous déjà ressenti cela au cours de votre carrière ?

J’ai eu beaucoup plus de chance que lui ! Il est pourtant vrai qu’il faut savoir faire entendre ses idées à Hollywood, mais je n’ai jamais tué personne pour y parvenir. Contrairement au héros de « Live by night », je n’ai eu à tuer personne pour m’imposer.

N’avez-vous pas un certain goût pour les personnalités sombres à la marge de la légalité ?

Ce type de héros complexes m’attire parce qu’il me donne quelque chose à défendre et à construire. Que ce soit Batman, Mr Wolff ou le bandit de Live By Night, tous ont des circonstances atténuantes pour commettre des actions moralement discutables. Si je ne cherche pas à justifier leurs faiblesses, je trouve important que les spectateurs puissent les ressentir.

Où en est le « Batman » que vous réalisez ?

Nous sommes en pleine préproduction et je peux promettre de belles surprises. Je m’y suis mis avec passion surtout que mon apparition dans Suicide Squad de David Ayer m’a fait une piqûre de rappel. Je suis heureux de pouvoir retrouver Bruce Wayne comme je suis satisfait d’avoir la possibilité de m’en éloigner pour concrétiser d’autres projets.

Êtes-vous toujours aussi fumasse contre votre frère Casey qui a oublié de vous remercier en recevant son Golden Globe ?

J’ai de quoi, non ? Il a même cité mon pote Matt Damon et pas moi. C’est pour cela que je me suis payé sa tête à l’émission de Jimmy Kimmel, un animateur qui fait presque partie de notre famille. Comme je suis magnanime, je voterai quand même pour Casey aux Oscars et je croise les doigts pour qu’il l’obtienne. Cela dit, s’il gagne, il a intérêt à me remercier où il entendra parler du pays ! Plus sérieusement, je suis très fier de lui.

La situation politique aux Etats-Unis vous préoccupe-t-elle ?

Donald Trump a surpris tout le monde par son élection. Je pense qu’il continuera à étonner ses supporters comme ses détracteurs. J’espère juste qu’il ne transformera pas les rêves des Américains en cauchemars. Je regrette déjà la classe et la dignité du président Obama.