«Rogue One»: Comment les magiciens de LucasFilm ont redonné vie à un acteur mort

SCIENCE FICTION Comment l'acteur Peter Cushing, décédé en 1994, retrouve la forme vingt-deux ans plus tard en officier impérial...

Caroline Vié

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Peter Cushing dans Star Wars: Episode IV, un nouvel espoir de George Lucas
Peter Cushing dans Star Wars: Episode IV, un nouvel espoir de George Lucas — Disney/LucasFilm

Quelle surprise dans Rogue One : A Star Wars Story que de retrouver brièvement une Leia ( Carrie Fisher) toute jeunette et, plus surprenant encore, un sémillant Moff Tarkin, joué par Peter Cushing, acteur décédé en 1994 !

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Il aurait été facile de choisir des acteurs ressemblants et de laisser l’imagination du spectateur faire le reste pour parvenir à ce prodige. Ce n’est pas ce qu’a souhaitéGareth Edwards. Mais comment font-ils chez LucasFilm pour abolir le temps ? 20 Minutes donne des éléments de réponse.

Un acteur et des effets

Les détails techniques du retour de Peter Cushing sont tenus secrets jusqu’en janvier 2017 pour ne pas gâcher le plaisir des fans. On sait pourtant que l’acteur anglais Guy Henry, vu en ministre de la Magie dans la saga Harry Potter, a incarné physiquement le Grand Moff sur le plateau et que les magiciens d’Industrial Light and Magic ont fait le reste en redessinant sur son corps et son visage et en reprenant parfois des éléments de Star Wars : Episode IV - Un nouvel espoir, réalisé en 1977 par George Lucas, le film où Cushing a créé le personnage.

Un résultat bluffant

Le résultat est si impressionnant que l’ancienne secrétaire de Peter Cushing a confié à la presse américaine avoir été bluffée, alors qu’elle a travaillé avec l’acteur pendant trente-cinq ans ! Le travail des techniciens est aussi étonnant pour les expressions de l’acteur que pour son langage corporel, notamment pour les plans où l’on voit Tarkin en pied. En 1977, Peter Cushing avait refusé de porter les bottes choisies par George Lucas pour son personnage et avait effectué toute sa performance en chaussons, contraignant le cinéaste à le cadrer au-dessus des genoux. Les techniciens d’aujourd’hui ont dû aussi composer avec cet élément.

Des soucis éthiques

Si le procédé tient ses promesses du point de vue technique, des voix s’élèvent pour en dénoncer les possibles dérives légales et éthiques. Est-il acceptable de faire jouer un acteur mort, qui n’a donc pu donner son avis sur sa participation au film ? Les héritiers de Peter Cushing ont donné leur accord et il n’est certes pas le premier à avoir joué la comédie après son décès. Déjà dansPlane 9 from Outer Space (1959), Ed Wood avait remplacé Béla Lugosi par son chiropracteur qui cachait son visage sous sa cape de vampire. La technique a fait des progrès depuis, redonnant notamment vie à Tupac dans un clip de 2012. Il paraîtrait même que les célébrités commencent à se faire scanner pour la postérité.

Et quid du futur ?

Récemment, des stratagèmes semblables ont été utilisés afin quePaul Walker, décédé pendant le tournage, puisse terminer Fast and Furious 7. De façon plus discutable, la veuve de Fred Astaire avait permis qu’on le fasse danser avec un aspirateur dans une publicité… Aux Etats-Unis, une loi stipule que les célébrités perdent les droits sur leur image cinquante ans après leur mort. Reste à espérer que les fantômes n’existent pas et que les stars bafouées ne viendront pas tirer leurs exploiteurs par les pieds ! Surtout quand on sait qu’une nouvelle technologie baptisée Eymerce permettra d’interagir, sans casque et en direct, avec des personnages photoréalistes récréés en réalité virtuelle.

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