Si Guitry m'était conté en DVD

Stéphane Leblanc - ©2007 20 minutes

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« On sait qu'on est abusé, qu'on est légèrement trompé, mais on y va de bon coeur », concède Denis Podalydès, en évoquant, dans un bonus du coffret de huit DVD*, « le pouvoir d'extrême séduction » de Sacha Guitry. Cinquante ans après sa mort, tandis qu'on le célèbre au théâtre, à la Cinémathèque et en librairie, on s'aperçoit, en revoyant ses films, que non seulement ils n'ont pas vieillis mais qu'ils inspirent encore les cinéastes d'aujourd'hui. Ainsi Olivier Assayas, qui compare le cinéma de Guitry - où « ça part à une vitesse de fusée, et la drôlerie est là-dedans » - à celui de Tarantino.

« Les meilleures leçons sont celles que l'on prend sans que les personnes à qui on les prend en soient informées », confiait Sacha Guitry dans Quadrille, comme un clin d'oeil pour rappeler qu'il avait appris tous ses métiers - auteur, acteur et metteur en scène - au contact des autres, certes, mais en suivant surtout son intuition. Qu'il adapte ses propres pièces, comme Désiré ou Mon père avait raison, qu'il revisite l'histoire de France dans Si Versailles m'était conté** ou qu'il relate Le Roman d'un tricheur, son chef-d'oeuvre, comme l'histoire de sa propre vie, Guitry a toujours donné l'impression de tout faire avec une élégance folle et un culot vertigineux. Ce que d'aucuns ont parfois pris pour de l'arrogance ou de la misanthropie, voire, au sujet des femmes, de la misogynie... Ne croit-on pas rêver quand on l'entend vociférer que « les femmes ne font que des bêtises quand elles réfléchissent ! » ? Et puis on se ravise : le film s'appelle Faisons un rêve !