Le maître des effets spéciaux Douglas Trumbull place Kubrick devant Spielberg

MASTER CLASS L’un des pionniers des effets spéciaux visuels donne ce mardi une master class au cinéma Le Grand Action à Paris…

Caroline Vié

— 

Douglas Trumbull au travail
Douglas Trumbull au travail — Den of geeks

Dire que Douglas Trumbull est un grand monsieur des effets spéciaux, c’est rester très en deçà de la réalité. On lui doit, entre autres, ceux de 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968) et de Rencontres du troisième type de Steven Spielberg (1977), qu’il vient commenter ce mardi à 20h30 au cinéma Le  Grand Action (Paris, 5e) à l’occasion d’une master class.

« Kubrick aimait me lancer des défis. Même Spielberg, qui m’a pourtant donné envie de m’intéresser aux extraterrestres, n’était pas aussi imaginatif que lui. Il a été difficile de continuer ma carrière avec d’autres après eux », confie-t-il à 20 Minutes.

Du cinéma aux parcs d’attraction

Douglas Trumbull, lauréat d’un Oscar en 2012 pour l’ensemble de sa carrière, est également l’auteur de deux merveilleux films de science-fiction : Silent Running en 1975 (sorti récemment en coffret DVD chez Wild Side) et Brainstorm en 1983. « Je me suis vite lassé des formes classiques de cinéma que je trouve dépassées. C’est pour cela que j’ai cessé de réaliser pour me consacrer à la technique. J’avais envie de raconter des histoires de façon différente. »

Pour ce faire, il a notamment innové dans les parcs Universal avec l’attraction Retour vers le futur où le visiteur prenait place à bord de la mythique DeLorean volante pour voyager dans le temps. « C’était une expérience totalement immersive où l’on pouvait se prendre pour Marty McFly, le héros. Cette idée a été beaucoup imitée, mais personne n’a jamais fait appel à moi pour la mener plus avant. »

Une nouvelle idée en quête de diffuseurs

Depuis des années, Douglas Trumbull planche en solitaire dans son studio perdu au fond du Massachusetts. Il vient mettre au point un nouveau procédé baptisé MAGI qui plongera le spectateur au cœur même de l’action. Un écran « gigantisssime », des images d’une netteté ahurissante (120 images par seconde alors que Peter Jackson et le HFR n’en offre que 48 pour Le Hobbit) et une 3-D parfaite sont au programme pour ce que l’inventeur décrit comme « une plongée totale dans l’image ».

Pour l’instant, le procédé n’en est qu’à un stade expérimental, les diffuseurs ne se bousculant pas pour l’exploiter. « J’ai maintenant mis au point des salles de cinémas itinérantes qui vont me permettre de montrer le MAGI un peu partout mais l’industrie hollywoodienne est très frileuse envers les nouveautés. » Cela ne décourage pas l’infatigable Douglas Trumbull qui écrit en ce moment un scénario afin de démontrer l’excellence de son procédé. On meurt d’envie de le découvrir !