Annabelle Lengronne fait vibrer le rap de «La fine équipe» d'un flow communicatif

PORTRAIT «La fine équipe», road-movie dynamique sur le rap, révèle Annabelle Lengronne, une actrice épatante...

Caroline Vié

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Annabelle Lengronne dans La fine équipe de Magaly Richard-Serrano
Annabelle Lengronne dans La fine équipe de Magaly Richard-Serrano — Condor Entertainment

La principale raison d’aller voir La fine équipe de Magaly Richard-Serrano, c’est elle :  Annabelle Lengronne, jeune actrice fougueuse, pour qui Claude Le Pape, la coscénariste des Combattants (2014) de Thomas Cailley, a écrit un rôle passionnant. «J'ai commencé à jouer au lycée puis j'ai fait une école de théâtre à Paris parce que j'avais envie de suivre une formation artisitique. C'est de là que tout est né», déclare la comédienne d'origine sénégalaise qui a grandi en Martinique.

L’actrice emporte cette comédie réussie sur un groupe de rap qui vit une tournée calamiteuse dans l’espoir de se faire connaître. La réalisatrice de Dans les cordes (2006) a bien saisi l’air du temps en confrontant une fille perpétuellement en colère à une bande de gars un peu mous qu’elle tente de secouer dans l’espoir de les mener vers la gloire.

Une forte nature

« Mon personnage est quelqu’un qui ne ressent pas le besoin de montrer ses seins ou de mettre des talons pour séduire, raconte Annabelle Lengronne. Elle a juste envie que les choses bougent quitte à mentir pour obtenir ce qu’elle veut. » La comédienne se la joue androgyne pendant la première partie du film où elle mène les garçons à la baguette.

Annabelle Lengronne dans La fine équipe de Magaly Richard-Serrano
Annabelle Lengronne dans La fine équipe de Magaly Richard-Serrano - Condor Entertainement

Si la demoiselle traite parfois ses camarades comme des chiens, « c’est parce qu’elle a pris beaucoup de coups et qu’elle a du culot pour imposer son groupe », insiste l’actrice. Elle maltraite notamment leur ingénieur du son, seul Blanc dans une bande de Blacks. « Le film parle aussi des préjugés », souligne-t-elle.

Un flow incroyable

La ravissante Antillaise vue dans Les Kaïra de Franck Gastambides (2012) et Une vie meilleure de Cédric Kahn (2012) s’est initiée au rap avec Oxmo Puccino qui a écrit les chansons du film. « Il m’a rassurée en me disant qu’il avait aussi peur que moi parce que c’était la première fois qu’il écrivait pour une fille. Il prétendait que nous étions à égalité dans notre manque d’expérience ! », se souvient-elle.

Anabelle Lengronne a vécu sur ce tournage l’une des plus belles expériences de sa vie d’actrice. « Quand j’ai chanté sur scène au Havre devant un public de deux cents personnes, c’était magique, avoue-t-elle. Je crois que ce souvenir me marquera pour toujours. » Cette scène tonique témoigne de sa versatilité et de son énergie.

Un avenir prometteur

Alors qu’on parle déjà d’elle pour un César du meilleur espoir féminin, la comédienne a déjà repris le collier pour apparaître dans les séries Engrenages et Fais pas ci, Fais pas ça. « Comme celle que j’incarne dans La fine équipe, je veux pouvoir m’exprimer », déclare-t-elle. On devrait la laisser faire, tant son talent semble prometteur.

La fine équipe de Magaly Richard-Serrano
La fine équipe de Magaly Richard-Serrano - Condor Entertainment