Jean-François Laguionie: «"Louise en Hiver" est une ode à la liberté»

ANIMATION «Louise en Hiver» est un magnifique poème animé à découvrir en famille...

Caroline Vié

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Louise en Hiver de Jean-François Laguionie
Louise en Hiver de Jean-François Laguionie — Gebeka Films

Jean-François Laguionie est un magicien. Louise en Hiver le confirme cinq ans après Le Tableau et dix-sept ans après Le château des singes, son plus gros succès public à ce jour. Il fait passer une saison avec une vieille dame oubliée dans une station balnéaire déserte et envoûte dès les premières images.

« Je pense que cette histoire touchera autant les parents que leurs enfants bien que je sois conscient qu’elle est moins facile d’accès que celle de la plupart des films d’animation actuels. J’espère que les spectateurs seront prêts à faire un petit effort », déclare le réalisateur à 20 Minutes après une projection triomphale au Festival d’Annecy.

Louise entre sa mère et lui

Son héroïne a raté le dernier train qui pourrait lui permettre de rentrer à Paris. Solitaire dans une ville fantôme de bord de mer, elle s’organise pour passer l’hiver. Elle profite de sa vie avec le chien qu’elle recueille et ne se trouve pas si mal d’être abandonnée au milieu des fantômes de ses amis d’enfance venus lui tenir compagnie. « Je me suis inspiré de ma mère pour l’inventer, explique Jean-François Laguionie, mais aussi de mes propres souvenirsde bambin pour les passages où elle a huit ans. »

C’est Dominique Frot qui prête sa voix à la grand-mère aux petites habitudes attendrissantes et au caractère bien trempé. « J’ai revu certaines choses après ses enregistrements, précise le cinéaste. J’ai notamment donné des yeux noirs à Louise pour insister sur son côté volontaire ! » Pas question de se laisser abattre pour cette aïeule à l’humour constant qui n’hésite pas à lever le coude pour se remonter.

Quand l’artisanat rencontre la technique

Ce poème fait plonger le spectateur dans des toiles vivantes en lui donnant une impression de renouer avec une conception très artisanale de l’animation. Les dessins simples et précis s’éloignent de la 3-D et semblent prendre vie sous le crayon de l’artiste. « J’ai tenu à ce que l’on retrouve mon trait et la texture du papier », insiste le cinéaste. Il a confié ses dessins, faits à la main dans sa maison bretonne, au directeur artistique Lionel Chauvin et l’équipe de JPL films qui les ont animés en 3D.

Entre tradition et modernité, Louise en Hiver surprend constamment par sa fantaisie et sa beauté plastique. On crapahute péniblement en compagnie de la vieillarde et on gambade auprès de la petite fille qu’elle a été. « Mon film est une ode à la liberté que l’on peut ressentir à tout âge ! » s’exclame Jean-François. Il sait de quoi il parle : à 77 printemps, il a des idées plein la tête pour son prochain film !