«Les têtes de l'emploi», c'est «"La loi du marché" en version comique» pour Franck Magnier

COMEDIE Franck Dubosc, Elsa Zylberstein et François-Xavier Demaison sont irrésistibles en agents de Pôle emploi menacés par le chômage…

Caroline Vié

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Elsa Zylberstein, Franck Dubosc et François-Xavier Demaison dans Les têtes de l'emploi d'Alexandre Charlot et Franck Magnier
Elsa Zylberstein, Franck Dubosc et François-Xavier Demaison dans Les têtes de l'emploi d'Alexandre Charlot et Franck Magnier — Thierry Valletoux/EuropaCorp

Faire rire avec le chômage, c’est la gageure que relèvent Alexandre Charlot et Franck Magnier dans Les Têtes de l’emploi. Les réalisateurs de Boule & Bill y décrivent la galère d’un trio d’agent de Pôle Emploi menacés de perdre leur boulot parce qu’ils ont été trop efficaces.

Franck Dubosc, Elsa Zylberstein et François-Xavier Demaison mènent la danse de cette comédie grinçante comme on aime. Ils sont tordants et attachants quand ils s’allient pour essayer de sauver leur boulot menacé par un chef odieux (l’excellent Nicolas Vaude).

Juste un peu décalé

« Notre film, c’est un peu La loi du marché version comique » raconte Franck Magnier à 20 Minutes. On pense au film de Stéphane Brizé mais aussi à Moi, Daniel Blake de Ken Loach face aux situations absurdes auxquelles sont confrontés les héros. « Nous n’avons pas voulu faire un documentaire mais nous avons ancré les situations dans un réel juste un peu décalé, une réalité augmentée en quelque sorte », insiste Alexandre Charlot.

Dubosc, génial à contre-emploi en père de famille psychorigide, mène ses camarades dans une quête tordante afin de créer de nouveaux chômeurs justifiant leur maintien à leurs postes. « Il y a vingt ans, on écrivait pour les Guignols de Canal +. Aborder ce sujet nous a permis de renouer avec cette période tout en créant de vrais personnages qui ne sont pas des marionnettes », précise Magnier. C’est pour cela que le public se laisse prendre par leurs aventures tragicomiques.

Méchant mais pas trop

Le film mord à belles dents dans les abus d’un système injuste en croquant aussi des seconds couteaux savoureux telle la femme dépressive de François-Xavier Demaison ou un papa crampon incarné par le trop rare Patrick Bouchitey. « Notre film est cruel mais humaniste. Nous gardons foi dans la solidarité entre les gens même si nous égratignons les institutions », précise Charlot. La méchanceté réjouissante de leurs héros est tempérée par un vrai fond de tendresse.

« Il y a un fond utopiste chez nous et notre film s’en ressent. Mais nous ne dorons pas la pilule au spectateur. La situation reste pénible même si l’humour la rend plus supportable », insiste Magnier. On n’oubliera pas de sitôt la séquence où Dusbosc malmène un chômeur africain avec une indifférence glaçante. « Le film n’est contre personne. Il offre un message positif », martèle Magnier. Cela fait du bien de rire de choses graves avec ces Têtes de l’emploi qu’on est ravi de se payer.