«Swagger»: Olivier Babinet veut donner «une image positive des jeunes des cités»

DOCUMENTAIRE Parfait «feel-good movie», «Swagger» donne la parole à onze jeunes des cités de la banlieue parisienne…

Caroline Vié

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Swagger d'Olivier Babinet
Swagger d'Olivier Babinet — Ronan Merot

Ils sont adolescents et vivent dans le 9-3. Olivier Babinet fait parler ces onze enfants du siècle âgés entre 10 et 16 ans dans Swagger, présenté à Cannes dans le cadre de l' ACID. Avec une totale aisance et une grande sincérité, les gamins que la vie n’a pas toujours favorisés, évoquent leurs ambitions et de leurs rêves. Et on tombe sous leur charme.

« J’ai voulu montrer une image positive des jeunes de cités », explique le réalisateur de Robert Mitchum est mort (2010) à 20 Minutes. C’est d’abord comme professeur, dans le cadre d’ateliers sur le cinéma, qu’il a débarqué dans des collèges de Seine-Saint-Denis, où il a rencontré ces adolescents épatants.

Deux ans pour faire connaissance

« On a travaillé pendant deux ans à faire des courts-métrages sur divers sujets puis j’ai eu envie de réaliser un clip avec eux, de les traiter comme des héros de film, se souvient le réalisateur. De là est née l’idée de ce long-métrage destiné à leur donner la parole. » Les collégiens n’hésitent pas à parler évoquant leurs épreuves familiales et scolaires comme leurs aspirations profondes.

« Ils ont compris que je n’avais aucune intention de les présenter comme des victimes et c’est aussi pour cela qu’ils m’ont fait confiance », reconnaît Olivier Babinet. Du jeune garçon qui assume totalement son côté efféminé à celui qui avoue qu’on « rate sa vie si on ne parvient pas tomber amoureux », tous s’expriment à cœur ouvert. Ils parlent de guerre, de racisme mais aussi de mode et de Mickey Mouse !

Un naturel incroyable

« Le temps passé à leur expliquer comment on faisait du cinéma leur a permis d’apprivoiser la caméra puis de l’oublier quand ils sont devant », insiste le cinéaste. Même dans les séquences « jouées », comme la reconstitution d’une descente de police, les jeunes restent d’un naturel inouï. « J’avais commencé par les faire broder sur leur trajet collège-lycée et très vite, ils ont laissé leur imagination déborder. »

Ce documentaire sait être aussi passionnant que drôle pour offrir un véritable concentré d’énergie. « De nombreux ados me demandent de les filmer », explique Olivier Babinet qui planche maintenant sur un film de science-fiction. On les comprend tant les jeunes sont mis en valeur dans Swagger. Un vrai booster pour le moral que ce documentaire qui redonne foi en l’avenir de l’être humain.