«Mademoiselle»: Le nouveau conte sensuel et pervers de Park Chan-wook

EROTISME Le réalisateur de « Old Boy » signe un conte sensuel et pervers, centré sur les rapports entre une servante et sa maîtresse…

Caroline Vié
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Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri dans Mademoiselle de Park Chan Wook
Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri dans Mademoiselle de Park Chan Wook — The Jokers/Bac Films

Avec Mademoiselle, Park Chan-wook laisse une nouvelle fois libre cours à sa fascination pour les perversions humaines. Sexe, cupidité, mensonge, violence, domination, cette fable sensuelle, repartie scandaleusement bredouille de Cannes, joue la carte de l’érotisme sophistiqué avec une pointe d’humour noir.

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Une princesse héritière maltraitée par un tuteur libertin et un couple d’escrocs sont les héros d’un jeu dangereux de chat et de souris. Tous, dans cette histoire, convoitent la fortune de la demoiselle et utilisent les armes de la séduction pour essayer de se l’approprier. Mais qui s’y frotte… risque de s’y piquer !

A la fois thriller et histoire d’amour

Cette adaptation du roman Du bout des doigts de Sarah Waters (10/18) mélange les genres avec une grande virtuosité. « C’est à la fois un thriller, une histoire d’arnaqueurs, un drame ponctué de rebondissements surprenants et plus que tout, une histoire d’amour », s’amuse le cinéaste coréen, réalisateur d’Old Boy (2004).

Les rebondissements ne manquent pas entre des femmes qui s’observent et se désirent tandis que des hommes tournent autour d’elle comme des mouches autour d’un plat de kimchi.

Sensuel et violent

« Dans le film, tout le monde ment à tout le monde et personne n’est vraiment ce qu’il parait, déclare le réalisateur. J’espère que le public s’amusera, même si certaines scènes sont violentes. »

Les mauvais traitements que subit une gamine forcée de lire de la littérature érotique sous peine de sevices font tout autant grincer des dents qu’une scène de torture avec une presse d’imprimerie.

L’effroi provoqué est toutefois désamorcé par la sophistication d’un dispositif qui permet à l’héroïne de mimer des scènes du marquis de Sade avec un mannequin pendu au plafond ou par l’humour réjouissant qui accompagne l’usage de boules métalliques au son de clochettes plors d’une scène saphique.

Un pur régal ludique

L’action se déroulant en 1930 pendant l’Occupation japonaise, Park Chan-wook en profite pour évoquer les rapports entre haine et fascination qui lient les Coréens aux habitants du Pays du Soleil Levant. « Maîtresse et servante, noble et roturier se confondent et c’est ce que je souhaitais », explique-t-il.

Mademoiselle, conte ludique, parfois dérangeant mais d’une beauté à couper le souffle est un délice aussi sexy qu’intelligent. On se régale de bout en bout devant le travail totalement abouti d’un très grand metteur en scène.

Mademoiselle de Park Chan-Wook
Mademoiselle de Park Chan-Wook - The Jokers/BAc Films