Washington, un parrain à New York

Caroline Vié

— 

Le rôle de Frank Lucas, antihéros d'American Gangster, de Ridley Scott, pourrait bien valoir à Denzel Washington son troisième oscar après Glory et Training. L'acteur se révèle aussi séduisant qu'inquiétant dans la peau de Frank Lucas, un célèbre narcotrafiquant noir issu du Harlem des années 1970. « Je n'ai pas cherché à glorifier le personnage, explique-t-il, mais j'ai voulu montrer les différents aspects de sa personnalité. Ce n'était pas seulement un bandit sans scrupules, mais un pilier de sa communauté. »

La bande-annonce du film:

Le comédien rend parfaitement la dualité de ce parrain élégant et respectable, mais capable de liquider un rival en pleine rue tout en distribuant des colis aux pauvres. En rencontrant le véritable Frank Lucas pour préparer son rôle, Denzel Washington a découvert « un entrepreneur avisé et un homme brillant qui aurait pu faire de grandes choses s'il n'avait pas agi en marge de la loi ». La carrière criminelle du parrain bascule lorsqu'il se retrouve face à son ennemi juré, un policier intègre et résolu, campé dans American Gangster par Russell Crowe. « Ridley Scott a construit son film pour que notre tête-à-tête soit une sorte d'apothéose. J'ai joué cette scène comme j'imagine que Frank l'a lui-même vécue : avec la conviction qu'il allait échapper à la justice. » Ce face-à-face superbe, digne de celui qui opposait De Niro et Pacino dans Heat, de Michael Mann, est emblématique de ce polar sombre, où Denzel Washington se révèle éblouissant de charisme et d'intelligence.