«Le Teckel»: La vie de chien de Todd Solondz

COMEDIE Todd Solondz s'amuse comme un petit fou avec cette comédie noire doublement primée à Deauville...

Caroline Vié
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Ellen Burstyn dans Le Teckel de Todd Solondz
Ellen Burstyn dans Le Teckel de Todd Solondz — ARP

Il ressemble à une saucisse sur pattes et apporte de brefs instants de joie à ses propriétaires tous plus barrés les uns que les autres. On adopte  de  , prix du jury et de la révélation à   pour sa drôlerie féroce.

,  ,  ,   et   possèdent tour à tour le toutou. « Les acteurs m’adorent. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est tant mieux, parce que monter des films aussi sombres que les miens serait impossible sans star », déclare Todd Solondz à 20 Minutes.


Sombre comme un rire grinçant

Sombre est le terme qui convient le mieux au cinéma du réalisateur d’ (1997) et de  (2010) car Solondz n’est pas tendre avec ses semblables. « J’aime bien rire et faire rire avec les petits travers des gens, avoue-il, d’autant plus que je me reconnais dans beaucoup de mes personnages. »


Un gamin solitaire, sa mère maniaque, une assistante de vétérinaire paumée, une vieillarde acariâtre et un scénariste malchanceux composent une galerie de caractères qui valent leur pesant de croquettes. Le dernier fait, plus que les autres, penser à Todd Solondz. « Il me permettait de me moquer du milieu du cinéma », admet le réalisateur.

Un observateur canin

« Faire un film choral apporte l’avantage de ne pas abuser de l’emploi du temps des comédiens mais cela veut dire qu’il faut soigner la construction de l’ensemble pour éviter une impression de fouillis », insiste Solondz. C’est avec beaucoup d’habileté qu’il passe d’une séquence à l’autre en promenant le spectateur.

Jeunes, vieux, enfants et parents passent par la moulinette du cinéaste, observés par un héros canin flegmatique. « J’ai pris ce type de chiens parce qu’il a une apparence farfelue comme s’il était une blague en lui-même », raconte Todd Solondz. La bestiole au regard triste ne perd pas une miette des comportements des humains.

De la vacherie et de l'empathie

On gardera longtemps en mémoire l’introspection d'une vieille dame confrontée à des gamines qui représentent la vie qu’elle aurait pu avoir ou les mensonges d'un drogué  à son frère mongolien. « Je ressens de l’empathie pour tous car ils font ce qu’ils peuvent, souvent maladroitement », commente Todd Solondz.

Il fait partager son amour et son humour pour des êtres imparfaits et souvent mesquins qui nous ressemblent bien plus que nous aimerions l’admettre.