«Ma vie de Courgette»: Un film d'animation multiprimé et multivitaminé

ANIMATION Croulant sous les récompenses, « Ma vie de Courgette » parvient à rendre festive la vie dans un foyer pour enfants abandonnés…

Caroline Vié

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Le héros de Ma vie de Courgette, film de Claude Barras
Le héros de Ma vie de Courgette, film de Claude Barras — Rita productions/Gébéka

Le destin d’un orphelin dans un foyer n’a, a priori, rien de festif. Le merveilleux Ma vie de Courgette de Claude Barras bouscule les idées préconçues sur ce sujet en se révélant une ode à la joie de vivre, découverte à la Quinzaine des réalisateurs et primée par le public et le jury d’Annecy.

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Ce petit bijou en stop-motion écrit en collaboration avec Céline Sciamma (Bande de filles, 2015) s’inspire d’Autobiographie d’une courgette, un roman de Gilles Paris (J’ai lu) pour faire partager la complicité de bambins malmenés par la vie.

Oublier l’animation

« Contrairement à ce qu’imaginent les adultes, les gamins apprécient des récits ancrés dans une réalité pas toujours rose », explique Claude Barras à 20 Minutes. Les héros du film, abandonnés, maltraités ou négligés par leurs parents, trouvent un refuge dans la solidarité. « Ces valeurs m’ont touchée et j’ai considéré le scénario comme celui d’un long-métrage sans penser qu’il allait s’agir d’un film d’animation », avoue Céline Sciamma.

On pense auxQuatre cents coups (1959) de François Truffaut devant les facéties de mômes attachants. « Céline m’a aidé à structurer le récit que nous avons souhaité rendre optimiste. Les personnages sont animés d’une incroyable soif de vie », explique le réalisateur.

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Le spectateur conquis partage leurs joies, comme un séjour aux sports d’hiver, mais aussi leurs peurs, dont celle d’être séparés et de perdre leurs amis et leur nouvel équilibre. L’animation image par image de marionnettes à la beauté singulière a demandé un travail de titans à Claude Barras et à son équipe.

Allier réflexion et divertissement

Deux ans de besogne avec plus de cent cinquante artistes ont été nécessaires pour faire évoluer cinquante-quatre protagonistes dans une soixantaine de décors. « Cette technique est exigeante, admet Claude Barras, mais elle permet d’immerger plus profondément le public dans l’histoire car les personnages ont de la matière. On a l’impression de pouvoir les toucher. »

On se laisse bien vite happer par ce conte qui prend le jeune public au sérieux tout en lui offrant une belle dose de poésie entre un fantastique à la Tim Burton et un humanisme digne de Ken Loach. « Nous avons choisi de considérer l’animation comme un vecteur de réflexion en même temps que comme un divertissement », explique Claude Barras. Petits et grands sortiront de la salle comblés, avec l’envie de danser sur Bérurier noir comme les héros pendant une boum vitaminée.

Claude Barras et Courgette à Cannes en mai 2016
Claude Barras et Courgette à Cannes en mai 2016 - Caroline Vié