«Deepwater»: Peter Berg envoie Mark Wahlberg au cœur d'une vraie catastrophe

ACTION «Deepwater», film d'action inspiré d'une terrible catastrophe, dénonce la cupidité des compagnies pétrolières...

Caroline Vié

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Mark Wahlberg dans Deepwater de Peter Berg
Mark Wahlberg dans Deepwater de Peter Berg — SND

Avec Deepwater, Peter Berg ne signe pas un film catastrophe comme les autres. Ce festival d’action est d’autant plus poignant qu’il s’inspire d’une tragédie réelle.

Le 20 avril 2010, la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon explosait, provoquant onze morts et de nombreux blessés. Le cinéaste Peter Berg  n’épargne pas les groupes pétroliers dont la responsabilité lui semble évidente dans ce drame.

Les gentils et les méchants

Berg allie le spectaculaire de Battleship (2012) à la dénonciation de The Kingdom (2007) en jonglant avec les codes du cinéma catastrophe pour mieux délivrer son message. « J’ai voulu rendre hommage aux personnes qui ont sacrifié leurs vies en restant sur la plate-forme pour essayer de combattre l’incendie et tenter d’empêcher la marée noire », explique Peter Berg.

Mark Wahlberg dans Deepwater de Peter Berg
Mark Wahlberg dans Deepwater de Peter Berg - SND

Partant, il oppose des hommes intrépides comme le chef électricien (Mark Wahlberg) ou le capitaine, vieux loup de mer ( Kurt Russell), à un chef de la compagnie pétrolière prêt à toutes les imprudences pour faire des économies ( John Malkovich).

Reconstruire le réel

Le réalisateur a tenu à rencontrer les familles des victimes et à se livrer à des recherches poussées sur la façon dont fonctionne une plate-forme pétrolière. « Il fallait que le spectateur soir au fait des enjeux avant que la tragédie se produise », précise-t-il. Le public dispose d’explications claires qui lui donnent l’impression d’avoir les mains dans le pétrole.

Peter Berg et Kurt Russell dans Deepwater de Peter Berg
Peter Berg et Kurt Russell dans Deepwater de Peter Berg - SND

Le vraiMike Williams, qu’interprète Wahlberg dans le film, a par ailleurs servi de consultant technique, un atout précieux quand on sait que la firme qui gérait Deepwater Horizon n’était pas enthousiaste à l’idée un film s’inspirant de ce drame. « BP a tout fait pour nous mettre des bâtons dans les roues et nous empêcher d’avoir accès à une vraie plate-forme », se souvient Peter Berg.

Au cœur des flammes

S’il fait partager l’intimité des marins, Peter Berg donne le meilleur de lui-même en entraînant le public au plus près de ces hommes courageux. « J’ai souhaité me montrer le plus réaliste possible dans la façon dont j’ai filmé ces séquences pour que le spectateur ait une idée de ce que ces gars ont enduré. »

Le réalisateur évolue dans un enfer de métal de feu où l’on perd bien vite tout repère. La fournaise est telle qu’on sentirait presque la chaleur sortir de l’écran ! L’héroïsme des femmes et des hommes de la plate-forme n’en est que plus évident et rappelle celui des pompiers de La Tour infernale (John Guillermin 1977), un classique des films catastrophe.

L’humain avant tout

Deepwater est un divertissement haletant tout autant qu’un avertissement. « Il est indispensable que les compagnies pétrolières se conduisent de façon plus responsable et que nous les obligions à le faire », assène Peter Berg. Son film tire la sonnette d’alarme avec efficacité.

« Il ne faut jamais oublier l’homme : c’est une expérience humaine que je veux faire partager ici. » On sort de la salle avec le plaisir d’avoir été secoué, mais aussi avec l’émotion de penser que ce carnage aurait pu être évité.