Dany Boon: «Mon principal défaut est de penser que je n'en ai pas»

INTERVIEW Dans « Radin! », le comique est irrésistible en violoniste tentant de lutter contre son avarice par amour…

Caroline Vié

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Dany Boon dans Radin ! de Fred Cavayé
Dany Boon dans Radin ! de Fred Cavayé — Mars Films

Après Supercondriaque en 2014, Radin ! en 2016.  Dany Boon aurait-il tous les défauts ? Il est tordant dans la comédie de Fred Cavayé où il incarne un violoniste atteint d’un manque de générosité chronique au point de faire des économies sur tout, de l’eau des toilettes aux préservatifs.

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Curieusement, Dany Boon trouve un rôle plus sombre que d’habitude dans cette comédie pourtant tordante, où il tente de vaincre son avarice pour la belleLaurence Arné tout en essayant de gérer une fille adolescente et envahissante ( Noémie Schmidt) qui lui tombe du ciel. Le comédien s’est confié à 20 Minutes.

Pensez-vous que les défauts constituent un bon ressort comique ?

Ce qui m’a surtout attiré dans ce scénario, c’est la façon dont Fred Cavayé exploitait la radinerie du héros pour aboutir sur une réflexion amusante et touchante sur le rapport à l’autre. Comme dans Supercondriaque, le défaut n’est qu’un prétexte pour créer des situations cocasses. C’est amusant de voir le héros se cacher pour éviter de donner à une collecte pour un collègue, mais c’est aussi douloureux.

Dany Boon dans Radin! de Fred Cavayé
Dany Boon dans Radin! de Fred Cavayé - Mars Films

Vous sentez-vous particulièrement concerné par ces deux défauts ?

Mon unique défaut est de penser que je n’en ai pas ! Plus sérieusement, j’ai appris à vivre avec, comme le fait mon personnage dans Radin ! Ce gars est incapable de donner même aux gens qu’il aime. Il va apprendre à composer avec sa façon de se comporter afin de devenir plus acceptable pour lui et les autres.

N’est-ce pas un peu pénible de composer quelqu’un d’aussi antipathique ?

C’est vrai qu’il peut être odieux. Je lui trouve pourtant quelque chose d’attachant parce qu’il tente vraiment de lutter contre sa nature. Fred n’a pas voulu en faire un gars gentil et c’est aussi ce qui m’a attiré : cela me permet de jouer sur le registre du burlesque, un peu comme le faisait Louis de Funès, l’un de mes modèles.

Cela veut-il dire que vous avez envie de livrer des compositions plus sérieuses ?

Pas du tout. J’ai envie de continuer à faire rire les gens dans cette période morose. J’ai été traumatisé tout petit en voyantBourvil jouer un rôle sérieux dans Le cercle rouge (1970) de Jean-Pierre Melville. J’ai aussi reçu des reproches au début ma carrière pour avoir joué un malfrat dans un épisode de Navarro ! Je tiens à mon rôle de comique.

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Vos précédents succès vous mettent-ils la pression à la sortie d’un nouveau film ?

Etonnament non. Peut-être parce que je n’ai jamais cherché à plaire ! Tous mes succès ont été des surprises. Pour être franc, ils rassurent davantage ma mère que moi. Elle sait maintenant que son petit garçon est à l’abri du besoin, même si elle me recommande encore de faire attention quand j’achète quelque chose de cher…

Votre prochain film en tant que réalisateur sera donc une comédie ?

Absolument ! Raid dingue racontera les aventures d’une femme flic incarnée par Alice Pol qui rêve d’être engagée par le RAID. J’y incarne un instructeur macho…

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