Marina Foïs se fond dans «Darling»

Caroline Vié

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Darling, héroïne du film éponyme de Christine Carrière, ne serait rien sans la comédienne Marina Foïs. La rencontre entre ce personnage de femme marquée par le destin et l'ex-marrante des Robins des Bois relève de la magie. Dès que l'on voit la comédienne courir sur le bord de la route en short trop court, le charme opère et Darling, gamine boulotte devenue une belle fleur de bitume, frappe le spectateur au coeur.


Il est difficile de reconnaître la pétillante Marina dans cette fille mal fagotée mariée à un camionneur brutal qu'elle a rencontré par radio CB interposée. La comédienne n'a pas hésité à s'enlaidir pour interpréter une éternelle victime méprisée par ses parents et battue par son mari, mais sa prestation ne saurait se résumer à un simple grimage.

Regard noyé

Marina Foïs communique une humanité bouleversante à cette oubliée du bonheur. Son regard noyé lorsqu'elle découvre que sa bague de fiançailles en pacotille se dissout quand elle se lave les mains ou son émerveillement devant les poids lourds passant sur l'autoroute témoignent du naturel de la comédienne, dont la composition tout en nuances évite le sordide.

Marina Foïs s'est approprié le personnage que lui ont écrit Christine Carrière et son coscénariste Pascal Arnold en s'inspirant d'un roman de Jean Teulé. Elle vole la vedette à Guillaume Canet, également à contre-emploi en mari bas du front. Darling, portrait d'une femme blessée, fait découvrir une grande actrice.