«La Taularde»: «Sophie Marceau est aussi crédible en madame tout le monde qu'en détenue»

DRAME Audrey Estrougo dirige Sophie Marceau en détenue dans « La Taularde », chronique qui balaye bien des idées reçues sur les femmes dans les prisons…

Caroline Vié

— 

Sophie Marceau et Suzanne Clément dans La Taulade d'Audrey Estrougo
Sophie Marceau et Suzanne Clément dans La Taulade d'Audrey Estrougo — Rouge International - Superprod/Rezo Films

Sophie Marceau, bourgeoise et intellectuelle, se retrouve en prison pour avoir fait évader son mari dans La Taularde d' Audrey Estrougo. La réalisatrice deUne histoire banale (2013) avait animé des ateliers d’écriture, notamment à Fleury-Mérogis, avant d’écrire son scénario.

Et pour le tournage, elle a entouré la star d’excellentes comédiennes (Anne Le Ny, Suzanne Clément, Naidra Ayadi) afin de montrer la vie des détenues et balayer quelques idées reçues sur les prisons de femmes.

L’homme au centre de tout

« La première chose qui m’a surprise, c’est que c’est très souvent un homme qui est responsable de l’incarcération de ces femmes, explique la cinéaste à 20 Minutes. Qu’elle l’ait tué, fait évadé ou ait commis des actes illégaux pour lui, il est au centre de tout. Même quand il s’agit de filles caïds puisqu’elles essayent de jouer aux mecs dans les cités. » Si l’on parle beaucoup des compagnons des détenues dans le film, les personnages masculins sont peu nombreux à côtoyer les prisonnières.

Des femmes cultivées derrière les barreaux

Contrairement aux hommes, les femmes qui sont enfermées ne sont pas majoritairement issues de milieux défavorisés. « Quand j’ai travaillé avec des détenus, j’ai eu l’impression qu’ils étaient loin de ma vie, précise Audrey Estrougo. Côtoyer des prisonnières d’un certain niveau social et intellectuel m’a fait prendre conscience que je pourrais devenir l’une d’elles si la vie me jouait un mauvais tour. »

>> A lire aussi : Sophie Marceau officialise son couple avec Cyril Lignac et s'en prend à la presse people

Comme une impression d’abandon

Les femmes se montrent plutôt solidaires entre elles pendant leur détention. « Il n’y a pas de concours de testostérone comme chez les mecs, insiste Audrey Estrougo. La douleur de leur enferment est plutôt liée à l’abandon d’un être cher et de leur identité. » C’est ce qui arrive au personnage de Sophie Marceau qui a perdu l’homme qu’elle aime et qui ne voit son fils qu’au parloir.

Sophie Marceau dans La Taularde d'Audrey Estrougo
Sophie Marceau dans La Taularde d'Audrey Estrougo - Rouge International - Superprod/Rezo Films

La force de Sophie

Audrey Estrougo a choisi Sophie Marceau pour incarner son héroïne après l’avoir remarquée sur un quai de gare où elle a été frappée par son mélange de force et de fragilité. « Sophie est l’élément cinématographique de mon histoire. Elle était pour moi une star jusqu’au moment où j’ai compris qu’elle pouvait être aussi crédible en madame tout le monde qu’en détenue et l’incarner avec beaucoup de courage. »

Sophie Marceau e Anne Le Ny dans La Taularde d'Audrey Estrougo
Sophie Marceau e Anne Le Ny dans La Taularde d'Audrey Estrougo - Rouge International - Superprod/Rezo Films

L’angoisse de montrer le film

Audrey Estrougo redoute surtout de projeter La Taularde dans la prison de Rennes où elle a tourné son film. « Je trouve cruel de leur montrer leur quotidien au cinéma alors qu’elles auraient sans doute envie de voir autre chose. Mais je me dis que mon film permet de les faire exister à l’extérieur. » C’est l’une des forces de cette chronique singulière.