Festival de Deauville : James Franco parle de films, de séries et de Donald Trump

HOMMAGE Le comédien caméléon est venu au festival de Deauville avec deux nouveaux films pour l’hommage qui lui est rendu…

De notre envoyée spéciale à Deauville, Caroline Vié
— 
James Franco et Nat Wolff dans In dubious battle de James Franco
James Franco et Nat Wolff dans In dubious battle de James Franco — D.R.

James Franco est de retour au Festival de Deauville, quinze ans après être monté sur les Planches pour présenter James Dean de Mark Rydell (2001) dans lequel il incarnait l’icône hollywoodienne. « J’avais tellement bossé sur ce film ! Je savais que les gens allaient m’attendre au tournant », se souvient-il.

A 38 ans, il est la fois honoré et surpris de recevoir un hommage. « Mais je suis fier d’être là avec In dubious battle, un film qui a besoin d’un maximum d’exposition, car il n’est pas aussi grand public que certaines comédies dans lesquelles j’ai joué. » On se souvient de sa prestation délirante dans C’est la fin (2013) où il se moque son image en jouant son propre rôle.

>> A lire aussi : Le cinéma indépendant américain existe-t-il encore ?

Engagé mais pas trop

Dans cette adaptation d’une œuvre méconnue de Steinbeck, l’acteur-réalisateur joue un syndicaliste des années 1930 fort éloigné du gourou de Spring Breakers d’Harmony Korine (2013) ou du randonneur blessé de127 heures de Danny Boyle (2011).

« Bien que je ne sois pas vraiment engagé politiquement, ce film me permet de parler de l’Amérique actuelle. Beaucoup de gens sont prêts à voter pour Donald Trump par dégoût, comme s’ils lançaient une grenade pour tout faire sauter. Je comprends leur colère mais pour moi, Trump n’est pas une solution. »

Un véritable homme orchestre

Malgré un emploi du temps de ministre, James Franco trouve encore le temps de donner des cours de production, « le seul sujet que je maîtrise vraiment », dit-il. L’acteur continue aussi à écrire, à réaliser des films expérimentaux et à faire l’acteur.

« J’étais si fan de 22.11.63, le roman de Stephen King que je lui ai écrit pour lui en demander les droits. Il m’a alors révélé que J.J. Abrams les avait achetés et je me suis résigné. Pour me consoler, j’ai écrit un article sur le bouquin dans Vice et Abrams m’a alors proposé d’en jouer le héros ». Franco n’a accepté qu’après avoir eu la certitude de réaliser un épisode de cette mini-série diffusée cet automne sur Canal +.

>> A lire aussi : Festival de Deauville: «Matt Damon est le meilleur acteur du monde», estime Stanley Tucci

La télévision, nouveau terrain de jeu

L’expérience 22.11.63 lui ayant plu, l’acteur va poursuivre sa carrière sur petit écran avec The Deuce, série sur les quartiers chauds de New York dans les années 1970 dont il va mettre en scène plusieurs épisodes. « C’est pour cela que je porte la moustache », explique-t-il.

Pour lui, la télévision offre des défis passionnants. « J’aime l’idée qu’on puisse développer l’arc des personnages sur quelques épisodes ou sur plusieurs années », précise-t-il. On le verra cependant aussi au cinéma dans Goat d’Andrew Neel, drame sur le harcèlement à l’université, présenté en compétition à Deauville.